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Première partie.
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ÉPOQUE INDUCTIVE. - UES GIIANDES TIIÉOIIIES.

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mais le point géométrique autour duquel tourne la sphère étoilée. La Terre et le Soleil exécutaient, selon lui, dans des temps inégaux, des révolutionsautour de ce point idéal i * * . Dans le siècle suivant, Calcagnini réunit en corpsd’arguments les raisons favorables à la rotation diurne de notre globe Maisaucun de ces efforts n’eut alors d’influence sur la science et la vraie concep-tion du système planétaire ne fut pas encore dégagée.

Seuls Mercure et Vénus s’étaient en quelque sorte imposés comme satellitesdu Soleil. Ces deux planètes suivent cet astre comme deux compagnes, disaitCicéron, hune ut comités sequuntur Veneris aller, aller Mercurii cursus 5 .La même notion se retrouve dans Vitruve 4 au I er siècle, dans Théon deSmyrne 5 , Favorinus 6 et Apulée 7 au II e , dans Macrobe 8 au IV e , dans Mar-tianus Capella 9 au V e , dans Bède 10 au VIII e . Les Arabes n’y sont pas nonplus demeurés étrangers, comme l’attestent, au XII e siècle, certains passagesd’Alpétrage 41 et de Geber fils d’Affla 42 .

II nous semble aujourd’hui éminemment simple d’étendre la môme notionaux planètes supérieures et d’arriver presque fatalement de cette manièreau système de Tycho Brahé . Cependant les faits prouvent que le rapproche-ment entre les deux classes de planètes n’avait pas alors la force qu’il a pournous. Car ce rapprochement a été fait et il a passé sans être remarqué. Ceprototype du système de Brahé est même resté inaperçu des grands histo-riens de l’astronomie.

La conception que les planètes sont toutes des satellites du Soleil, emportésavec lui autour de la Terre , était pourtant l’acheminement naturel vers laconnaissance du véritable système du monde. C’est au IV e siècle que Julien,dans son éloquent discours au Soleil, fait tourner cet astre autour de laTerre , pendant qu’il entraîne avec lui le cortège des planètes l3 . Ainsis’explique simplement, dit l’empereur-philosophe, le phénomène en appa-rence si complexe des rétrogradations u . C’est, comme on le voit, le systèmede Tycho Brahé plus de douze siècles à l’avance.

1 Nicolaus Cusamis [XV e siècle], De docta ignorantia, lib. n, cap. -H. — 2 Calcagnini,

Opéra aliquot, 1541, p. 388-395. — a Cicero, De republica, lib. m, cap. 10.— 4 Vitruvius , De

architectura, lib. i, cap. 9 ; lib. ix, cap. 4. — » Théo Smyrnius, Liber de astronomia, cap. 33.

— ( > Diogenes Laertins, De vitis clarorum philosophorum, lib. ix, cap. 23. — 1 Apulejus ,

De mundo. — 8 Macrobius , Expositio in somnium Scipionis, lib. i, cap. 19. — 9 Marlianus

Capella, De nuptiis philologiae et Mercurii, lib. vin (ix), v. 854, 857. — 10 Beda, De mundi

cœlestis terrestrisque constitutione, cap. de epicyclis et intersectis, dans ses Opéra, éd. fol.,

t. I, p. 383. — ri Alpetragius, Theorica physica planetarum, cap. 9. — 12 Geber , De astro-

nomia, lib. vu, cap. 1. —• » Julianus, Orationes, n° iv, dans ses Opéra, éd. Petavius ,

1630, p. 257. - H Ibid., p. 252, 259, 272, 281.