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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE IX.

Confirmation de l’induction copernicienne. — Mais quels qu’aient été lesefforts isolés de divers anciens, le véritable arrangement des planètes ne futbien exposé que par Copernic . S’il avait fallu si longtemps pour y arriver,c’était surtout parce que les moyens de confirmation faisaient défaut. Mêmequand le De revolutionibus parut, en 1543, le système qu’il était consacré àdéfendre ne reposait encore que sur des probabilités. Comment le soumettreà l’épreuve d’une comparaison avec les phénomènes observés? Les rétrogra-dations des planètes étaient représentées, moins simplement sans doute, maisà peu près avec la même précision numérique, par la théorie de Ptolémée .On n’avait pas encore l’idée des belles et simples trajectoires elliptiques, enlignes idéales. Si Copernic faisait mouvoir les planètes autour du régulateurcentral, c’était toujours dans les épicycles classiques. En déterminantl’apogée et l’inégalité du Soleil, il se servait uniquement, comme Hipparque l’avait fait seize siècles avant lui ', des durées employées par l’astre pourpasser d’un équinoxe au solstice voisin et de ce solstice à l’autre équinoxe.Les types d’observation et de calcul n’avaient pas changé; le vieil échafaudagerestait debout. Ces souvenirs pesaient sur la conception copernicienne, qu’ilsempêchaient de se dégager clairement.

Quelques faits vinrent cependant, d’abord à de longs intervalles, apporterdes confirmations partielles. A l’opposition de Mars de 1582, Tycho Brahé ,bien qu’il eût déjà en vue le système qu’il développa un peu plus tard, maisqui, pour les apparences, ne diffère pas du système héliocenlrique, fit uneobservation fort importante. II constata que la vitesse de rétrogradation deMars, au moment de l’opposition, était d’accord avec la théorie copernicienne,tandis que la théorie de Ptolémée , où tout était fait cependant pour repré-senter les positions visuelles, donnait pour cette vitesse angulaire une faussevaleur.

Ce fait important, qui était un premier témoignage, demeura cependantsans publicité; nous n’en avons eu connaissance que par une note tardivede Maestlin -, tant les esprits les plus éclairés éprouvent d’hésitation lorsqu’ils’agit de contredire une erreur séculaire.

Mais après l’invention du télescope, les éléments de confirmation commen-cèrent à se multiplier. Ce furent d’abord les phases de Vénus, découvertesen décembre 1610 par Galilée 3 , et que Copernic avait annoncées comme un

1 Plus haut, Chapitre VI, p. 190. — 1 2 Dans son édition de la Narratio de libris Ilevo-

lutionum de lilieticus, imprimée à Tiibingen en 1596, à la suite du Prodromus dissorta-

tionum cosmographicarum de Kepler. —3 Galilei, Opéré, éd. de Padoue , 1744, t. II, p. 45;reproduit dans l’éd. à'Albèri, t. VI, p. 134.