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INTRODUCTION. - CHAPITRE IX.
diminuent ensemble? Si l’un de ces nombres est fonction de l’autre, quelleest la forme de cette fonction? Aucun indice, aucune analogie n’existaitpour mettre sur la voie. C’est ici que l’esprit d’invention, l’imagination sil’on veut, était appelée pour ainsi dire seule et sans guide à remplir un rôle.On la voit s’exercer sur ce grand problème; on suit Képler avec un indicibleintérêt lorsqu’il essaie tour à tour diverses relations, et que les nombres necadrent pas. Il a beau multiplier les recherches, imaginer des combinaisonsnouvelles, l’épreuve des nombres ne cesse de répondre négativement. Unmoins grand génie, un homme doué de facultés moins exaltées, aurait aban-donné la tentative. Képler , persuadé, comme par une faculté instinctive, quele rapport existe, reprend chaque fois ses essais, sans se décourager; etfinalement il trouve une relation, celle des carrés des temps des révolutionsproportionnels aux cubes des distances moyennes, qui se vérifie dans lecalcul *.
L'espace libre. — La connaissance des lois de Képler, jointe à laconception copernicienne du système solaire, vint modifier les idées desastronomes, d’une manière aussi radicale que l’avait fait la première mesuredes parallaxes 1 2 . Après avoir cru les astres peu élevés au-dessus des nuages,on s’était trouvé tout d’un coup en présence de globes comparables à laTerre , circulant à de prodigieuses distances de nous. Mais ces astres conti-nuaient à se trouver soutenus par de gigantesques sphères transparentes,d’une épaisseur colossale, puisqu’elles laissaient seulement entre elles l’espacenécessaire aux épicycles pour rouler. Or, le jour où il fut démontré que latrajectoire d’une planète ne résulte pas d’une combinaison de mouvementscirculaires, qu’elle est une courbe simple et continue, les orbes matérielsn’auraient existé qu’à la condition de devenir flexibles, afin de se prêter auxvariations des distances. Descartes essaya un instant, dans sa théorie destourbillons, de les faire fluides 3 . Même les plus grands esprits ne se débar-rassent pas toujours sur-le-champ des vieilles idées.
Les planètes, disait Descartes , sont suspendues dans des couches sphé-riques liquides, dont elles partagent exactement la densité. Ces couchestournent autour du Soleil avec les vitesses respectives que nous voyons auxdifférentes planètes. Comme elles sont molles, rien ne s’oppose aux change-ments de distance qui se produisent entre l’aphélie et le périhélie. De petites