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Première partie.
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ÉPOQUE INDUCTIVE.

LES GRANDES THÉORIES.

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sphères partielles, logées dans la grande, emportent les satellites et repro-duisent le système sur une échelle moindre. Mais cette conception ne rendaitpas. compte de la figure elliptique des orbites, ni des variations de la vitessehéliocentrique d’un même mobile, ni même de la différence des temps derévolution. Dans un ensemble liquide comme celui que Descaries concevait,les vitesses de circulation auraient toutes été égales entre elles et toutes lesplanètes auraient accompli leurs révolutions dans un même plan.

Au reste, il y avait un fait brutal, qui venait couper court à toute discus-sion. Les comètes, on le savait maintenant, n’étaient pas des météores, maisdes corps célestes qui marchaient dans toutes les directions. On suivit pendantquelque temps les mouvements de plusieurs d’entre elles avec une curiositéintense. On voulait voir si elles étaient astreintes à se mouvoir dans unecouche sphérique, ou bien si elles coupaient les sphères hypothétiques, soitcristallines, soit liquides, dans tous les sens. Ce fut cette dernière alternativequi se réalisa. Plusieurs exemples rendirent le fait indubitable. Tycho Brahé avait montré, entre autres, que la comète de 1577 avait décrit dans l’espaceune courbe concave au Soleil, qui coupait l’orbe de la Terre , et embrassaitceux de Vénus et de Mercure '. Bientôt on vit que ce passage des comètes,dans tous les sens, sous toutes les inclinaisons, ne rencontrait nulle part derésistance. Borelli conclut que ces astres décrivaient des trajectoires aux-quelles il applique (au moins dans un cas particulier) le nom de parabole,qui étaient inclinées de toutes les manières, et qui coupaient les espacesplanétaires dans toutes les directions Ils circulaient, ayant comme lesplanètes le Soleil au foyer, sans qu’un courant, un souffle même, si l’onpeut parler ainsi, influençât leur translation régulière. Dans cet espaceévidemment ouvert, il ne restait plus rien que des lignes idéales.

Kepler , par sa découverte des orbites elliptiques, avait porté le coup fatalà ces sphères dont il n’existait aucun signe sensible. 11 avait déjà pu pro-clamer que leur existence n’avait rien de réel. Les astres lui étaient apparusdans une liberté complète de mouvements, comme les projectiles. 11 leuravait ouvert le champ et put dire fièrement : sphaerae solidae nullaes uni 5 , planetae in puro aelhere, perinde ulque aves in aere, cursus suosconficiunl i . Dès ce moment l’analogie des corps célestes avec les projectiles

1 T. Brahe, Astronomiae instauratae progymnasmata, part, n, 1603, p. 194; reproduit

dans ses Opéra, 1648, t. II, p. 137. — 2 Mutoli [pseudonyme de Borelli], Del movimientodélia cometa apparsa il mese di dicembre 1664. — 3 Kepler , Epitome astronomiae coperni-canae, lib. iv, 1622, part, i, et dans ses Opéra, t. VI, 1866, p. 309. — * Kepler, Astronomia

nova , 1609, part, i, cap. 2, p. 8, et dans ses Opéra, t. III, 1860, p. 177.