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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE IX.

s’imposait en quelque sorte, et il n’y avait plus qu’une simple question demécanique dans le grand problème des cieux.

L’attraction newtonienne. — Depuis quelque temps d’ailleurs les espritsles plus perspicaces entrevoyaient, dans ce grand mécanisme, une actionmutuelle s’exerçant entre les astres. Déjà au IX e siècle, l’arabe Musa-ben-Schakir considérait l’attraction comme une des forces de la nature '. Lescorps célestes, avait dit Camille Agrippa , ont tous une pesanteur les unsvers les autres, qui intervient dans leurs mouvements, et c’était môme,suivant lui, cette action extérieure qui, en s’appliquant à notre globe, étaitla cause de la précession i 2 . L’aveugle Grotto, dans ses notes à la Sphère deBonardo, expose nettement que les astres, par eux-mêmes, devraient resteren équilibre, c’est-à-dire en repos dans l’espace; mais, ajoute-t-il, puisqu’ilssont en mouvement, il a fallu une force pour troubler ce repos, force quiagit entre eux et que l’on peut comparer à une attraction magnétique 3 .

Dans un écrit de 1635, Horrocks considérait la Lune comme un projectile,mû par ce qu’il appelait l’émanation de la Terre 4 * , c’est-à-dire soumis à lagravité. Une force analogue, une attraction existe apparemment, dit Boulliau ,dans le Soleil envisagé comme centre du système; et en qualité de force rayon-nante, cette action doit décroître réciproquement au carré de la distanceSupposant Jupiter investi d’une pareille puissance, Borelli s’efforça mêmede montrer qu’il doit en résulter, pour les satellites, des orbites de figureelliptique 6 . Mais il n’établissait pas ce principe mathématiquement. Il étaitréservé à Newton d’en faire la démonstration rigoureuse 7 .

L’ingénieux Robert Hooke avait poursuivi, de son côté, pendant près dehuit années, des expériences sur le pendule conique, dans l’espoir de décou-vrir les causes des mouvements planétaires. Il avait vu clairement que cesmouvements impliquent deux forces, une énergie initiale, en vertu de laquellela trajectoire serait rectiligne, et une attraction émanant d’un point intérieurqui infléchit incessamment la direction du mouvement 8 . Il avait reconnu quel’attraction augmente quand la distance diminue, et dans une lettre à Newton

i Dans son MS intitulé Kab al adscher, à la Bibliothèque de l’Escurial. — 2 C. Agrippa,

Trattato di scientia d’arme, 1553, dialogo di filosofia, placé à la fin. — 3 Bonardo, Lagrandezza, larghezza e distanza di tutte le sfere, éd. 1584, dans les Annotazioni de L. Grollo.— 4 Horroccius, Astronomia kepleriana defensa et promota, imprimée en 1672, cap. 2. —

3 Bullialdus , Astronomia philolaica, 1645, lib. i, cap. 12. — <* Borelli, Theoricae medi-

ceorum planetarum, 1666, cap. 2, 11. — i Newtonus, Philosophiae naturalis principia

mathematica , 1687, lib. i, prop, 17, 75. — 8 Hoolie, An attempt to prove the motion of the

Earth , 1674, p. 27.