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Première partie.
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ÉPOQUE INDUCTIVE. - LES GRANDES THÉORIES.

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de 1679, il indique, à titre d’analogie, que la courbe décrite par les pro-jectiles, sous l’action de la gravité terrestre, est une ellipse de forteexcentricité.

Non seulement Hooke d’ailleurs, mais Wren et Halley avaient depuis long-temps l’opinion que la force attractive des corps célestes décroît en raisoninverse du carré des distances '. En 1673, Huygens avait publié ses célèbresthéorèmes relatifs à la force centrifuge i 2 . Halley s’en servit pour confirmerses idées au sujet de la loi de diminution; mais il n’arrivait pas à calculer lafigure de la trajectoire 3 . Dans sa perplexité il se rendit à Cambridge 4 * , dansle dessein de soumettre ses idées à Newton. Mais il trouva que celui-ci avaitdéjà résolu le problème, et qu’il était en possession des démonstrationsmathématiques, publiées bientôt après dans les Principia , des grandes loisqui régissent le système du monde.

11 est inutile de rappeler comment, en vertu de la « gravitas universalis 3 , »les différents phénomènes de l’astronomie, réduits à des questions de méca-nique, se trouvaient expliqués d’une manière aussi complète qu’inattendue.Les lois de Képler suffisaient entièrement pour indiquer les caractères de laforce avec laquelle on avait à traiter. Si l’attraction eût été proportionnelle,par exemple, à la simple distance, le Soleil aurait occupé non plus le foyermais le centre des ellipses, et les planètes n’auraient eu toutes qu’une mêmedurée de révolution.

Le travail de Newton était empreint d’une noble simplicité; il avaitd’ailleurs quelque chose de la majestueuse profondeur qu’on admire dans lesœuvres des géomètres de l’antiquité. L’exposition en est faite entièrementpar la synthèse. Mais il n’en appartient pas moins, dans ses applications, àla science inductive, et ses conséquences sont immenses. « On peut affirmerjustement, dit Halley, que jamais il n’avait élé donné au génie et au travaild’un homme de découvrir et de mettre au-dessus de toute discussion tantet de si importantes vérités philosophiques 6 . » Non seulement les mouve-ments généraux des planètes étaient rapportés à un principe unique, maissans recourir au delà de ce principe, l’attraction des sphères, l’aplatissementde la Terre, les inégalités du mouvement de la Lune , la libration de notre

i Newtonus, Philosophiae naturalis principia mathematica , 1687, lib. i, prop. 4,

scholium. — 2 Uugenius, Dehorologio oscillatorio, 1673, part. v. — 3 Birch, History of the

Royal Society, vol. IV, 17S7, p. 370. —4 En 1684. — s Newtonus, Op. cit., lib. ni,

régul. 3. — 6 « it may be justly said that so many and so valuable philosophical trutlis, as

are herein (in the Principia ) discovered and put past dispute, vvere never yet owing to

the capacity and industry ofany oneman. » (Philosophical Transactions , vol. XM, 1687.)