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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE IX.

satellite, la progression des apsides, la rétrogradation des nœuds, la préces-sion des équinoxes, la nutation, les marées elles-mêmes se trouvaient,expliqués du même coup. Un pareil haut-fait tenait du prodige et n’avaitjamais eu de précédent dans aucune science, à aucune époque de l’histoire.« Si Newton avait vécu dans l’ancienne Grèce, a dit Samuel Johnson , ilaurait été adoré comme un Dieu U »

Mais de même que l’idée de Copernic touchant le système du monde avaittranché trop profondément avec les habitudes de l’esprit pour être immé-diatement adoptée, de même l’attraction newtonienne ne passa d’abord quepour une sorte d’artifice de calcul. On l’employait pour supputer les mouve-ments troublés, comme on avait calculé par les épicycles les mouvementsprincipaux. Mais comme loi de la nature, une attraction serait « absurde, »écrivait Huygens à Leibnitz , trois ans après l’apparition des Principes; etun peu plus tard, dans une lettre à L’IIospilal, il ne cessait pas d’y voirquelque chose d’« invraisemblable 2 . »

Il faut convenir qu’aujourd’hui encore nous n’apercevons pas par quelinlermédiaire, par quel moyen de communication, un corps exerce à distance,sur un autre corps, une action qui exige pourtant une mise en rapport maté-rielle. Le fait s’impose, mais le mode de transmission et la nature intime del’action demeurent encore des mystères. Est-il donc étonnant que lescontemporains aient montré dans les premiers temps, vis-à-vis de l’attractionnewtonienne, une certaine réserve? L’ampleur et la rectitude de ses appli-cations pouvaient seules dissiper les doutes.

On a dit de la gravitation universelle que chaque difficulté qui s’étaitélevée avait été pour elle l’occasion d’un nouveau triomphe. En effet, plu-sieurs fois on avait cru la trouver en défaut; mais en portant l’examen plusloin, toujours on avait fini par constater l’accord des observations avec lathéorie. La confirmation de la loi par les phénomènes s’étend ici à descirconstances extrêmement nombreuses et des plus compliquées. Les varia-tions séculaires des éléments des sept planètes principales, les inégalitéspériodiques de ces planètes par leurs actions réciproques, les perturbationsdes planétoïdes, celles des comètes, le mouvement troublé des satellites, lesdifférentes circonstances de la précession, de la nutation et de la diminutiond’obliquité, les inégalités de la libration de la Lune , en un mot toutes lesaltérations qui entrent dans la seconde approximation des mouvements

t « If Newton had flourished in ancient Greece, he would hâve been worshipped as adivinity. » ( Boswell , Life of Johnson, éd. 1856, vol. II, p. 76, note (2).) — 2 Uijlenbroek,G. Hugenii exercitationes mathematicae, 1833, t. I, p. 41, 247.