ÉPOQUE INDUCTIVE. - LES GRANDES THÉORIES.
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célestes, se vérifient d’une manière remarquable et qui dépasse les espérancesqu’avaient conçues les premiers géomèlres newtoniens.
Les marées. — Au nombre des vérifications les plus intéressantes qu’areçues la théorie de la gravitation, il faut compter le calcul des marées. Cephénomène ne semblait pas rentrer aussi directement que les mouvementscélestes dans la sphère d’application d’une loi essentiellement astronomique.Mais en réalité les marées dépendent des astres. Mille ans avant notre ère,les Chinois avaient remarqué l’influence de la Lune sur les oscillations del’Océan '. Cette influence était facile à reconnaître par la coïncidence desgrandes marées avec les syzygies. Aussi n’avait-elle pas échappé aux Grecs,dès l’époque où ils s’étaient occupés sérieusement des sciences. Pythéas laconnaissait au — IV e siècle 1 2 et Seleucus dans le siècle suivant 3 * * . Cléomède dit positivement que la Lune est la cause du flux et du reflux de la mer L
Les Romains avaient la môme notion : aeslus maritimi fretorumqueangustiae, dit Cicéron , or lu aut obilu Lunae commoveri César, en parlantde l’embarquement de ses troupes sur la côte de Boulogne, remarque que leflot était plus fort en ce moment parce que c’était pleine Lune 6 . On avaitmôme observé que les équinoxes ramenaient des marées de syzygies plushautes que toutes les autres 7 et Pline conclut à une influence sur les maréesnon seulement de la Lune mais aussi du Soleil 8 .
Les mêmes idées générales se sont transmises parmi les Arabes et à larenaissance. Fluxus et refluxus, dit Albumasar , currunt siciit Lima vanaturin partibus coeli. Mais de cette remarque élémentaire à l’explication de lacause il y avait loin. Comment la Lune agit-elle sur la mer? Par attraction,répond Roger Bacon au XIII e siècle : radii Lunae attrahunt vapores adaerem 9 . Képler se représentait aussi les eaux de l’Océan soulevées par uneforce attractive de la Lune , virtus tracloria Lunae 10 . Seulement il fallaitprouver cette induction par le calcul direct des hauteurs de la marée à des
1 Klaproth, Lettre... sur l’invention de la boussole, 1834, p. 128. — 2 Plinius, Historia
naturalis , Iib. h, cap. 97; Plutarchus, De placitis philosophorum, lib. ih, cap. 17. —
3 Plutarchus , loc. cit. — 4 Cleomedes [-i- II e siècle], Theoria cyclica meteoron, lib. h, cap. 3.
— 3 Cicero, De natura deorum, lib. n, cap. 7. — 6 Julius Caesar, Commentarii de bello
gallico , lib. iv, cap. 29. ■— t Seneca, Quaestiones naturalcs, lib. iii, cap. 28; Quare bonis
viris mala accidant, cap. 1. — 8 Plinius, Historia naturalis , lib. n, cap. 97. — 9 R. Baco,
Opus majus [XIII e siècle], imprimé en 1733, p. 85. — 10 Kepler, Astronomia nova , 1G09,
introd., et dans ses Opéra, t. III, 1860, p. 151. Comparez son Harmonice mundi, 1619,
lib. iv, cap. 7, dans ses Opéra, t. V, 1864, p. 255.