ÉPOQUE INDUCTIVE. - UES GRANDES THÉORIES.
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notre satellite '. Mais Laplace fut plus heureux, quelques années plus tard 1 2 .Il montra que cette accélération a pour cause la diminution séculaire del’excentricité de l’orbite terreste, qu’elle existera aussi longtemps que celtediminution continuera et qu’elle changera de signe avec elle.
Dans les oppositions de la Lune, les attractions de la Terre et du Soleilconcourent, et notre satellite marche alors plus vite; dans les conjonctions,ces attractions se combattent, et la Lune circule plus lentement. Mais commeelle est alors plus près du Soleil, le ralentissement est plus fort que n’a étél’accélération. C’est dans les rapprochements de la Terre et du Soleil quecette différence est le plus marquée. Si la distance périhélie de notre planèteallait en diminuant, le ralentissement l’emporterait donc de plus en plus.Mais c’est précisément le contraire qui arrive; dans la période actuelle,l’orbite terrestre s’arrondissant, la distance périhélie de la Terre diffère demoins en moins de sa distance aphélie. Donc le ralentissement de la Lune doit l’emporter aussi de moins en moins sur l’accélération, ce qui laisseévidemment, pour le temps présent, une accélération relative de siècle ensiècle.
Il est juste cependant d’ajouter que si la théorie est parvenue à rendrecompte de la nature du phénomène, elle n’en a pas encore assigné l’exactegrandeur. Il reste à cet égard une différence entre l’observation et le calcul;celui-ci ne donne pas un chiffre assez fort. Les géomètres et les astronomesrecherchent à l’envi la cause de cette différence. Delaunay voulait la voirdans le raccourcissement progressif de l’unité qui sert à mesurer le temps,c’est-à-dire de la durée du jour, qui augmenterait par suite du ralentisse-ment de la rotation de la Terre 3 . Mais Hansen a fait remarquer que ceteffet s’étendrait à tous les astres, et qu’on devrait en trouver des tracessensibles dans les plus rapides d’entre eux, dans le moyen mouvement deMercure par exemple 4 , ce que pourtant on n’observe pas.
Pour parfaire par le ralentissement de la rotation de la Terre les 6" quimanquent à l’accélération séculaire de la Lune , il faudrait admettre 1",9d’accélération semblable dans le moyen mouvement de Mercure. Or New-comb n’en trouve pas d’indice dans les longitudes de cette planète déduitesde ses passages devant le Soleil, depuis celui observé par Ilalley à Sainte-Hélène en 1677 jusqu’aux plus modernes.
1 Mémoires présentés à l’Académie des sciences par divers savants, t, VII, 1776, p. 1. —
2 Histoire et mémoires de l’Académie des sciences [de Paris ], 1786, mém., p. 235. —
3 Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences [de Paris ], t. LXI, 1865,
p. 1023. — -t Monthly notices of the Astronomical Society, vol. XXIII, 1863, p. 211.