Band 
Première partie.
Seite
287
JPEG-Download
 

l’astronomie dans l’histoire.

287

elles se sont appliquées dans le même ordre à l’étude de ces différents objets.L’histoire générale des sciences, comme celle de l’astronomie en particulier,porte le témoignage irréfragable de la constance et de la régularité de cetteévolution.

I. Epoque fabuleuse. — Ainsi on ne peut hésiter à reconnaître que lapremière époque a été partout celle des fables, et que par conséquent lapremière faculté qui prend son essor est l’imagination. La science primitivey semble subordonnée tout entière. C’est dans l’imagination que résident lesdéfinitions idéales du géomètre, ainsi cpie les bases fictives des anciens sys-tèmes des philosophes. C’est l’imagination qui, dans les éclipses, fait dévorerle Soleil ou la Lune par un dragon; c’est elle qui trace dans le disque denotre satellite des dessins fantaisistes, qui couvre le ciel de personnages etd’objets divers, qui anime les astres et qui finit par en faire des êtres divins.L’astronomie n’a donc pas échappé à cette première phase. Ce n’est pas ellequi en a donné le spectacle le moins brillant ni le moins poétique, puisqueses premières conceptions alliaient à l’histoire des astres celle des dieux.

Dans le premier âge de l’évolution scientifique, l’esprit humain est portéà tout animer. Nous l'avons vu 1 remplissant l’univers de personnificationset d’êtres surnaturels : il va jusqu’à donner une existence propre à de puresidées. Tout ce qui entoure l’homme lui paraît inspiré d’un souffle intérieuret doué comme lui de la sensibilité et de la pensée. Arbres, forêts, fontaines,rochers, montagnes ont des âmes. L’air est bientôt rempli de génies et defées. Le moindre mouvement qui se produit est regardé comme l’œuvred’êtres invisibles, amis ou ennemis. De là proviennent des émotions conti-nuelles et une crainte intime. L’agitation des feuilles, le pétillement de laflamme, le vol ou le chant des oiseaux, le gémissement du vent, le bruit dutonnerre, la chute de la foudre, sont autant de manifestations de ce secondmonde, caché en quelque sorte dans le premier.

Les peuples, à celle époque, n’ont pas encore d’astronomie proprementdite, pas de connaissance des constellations ni des planètes. C’est l’état oùnous voyons jusqu’à ce jour les noirs incultes du sud et de l’ouest del’Afrique, les peuplades hyperboréennes les plus grossières de la Sibérie ,quelques tribus inférieures de l’Australasie. Car à chaque étape du dévelop-pement de l’esprit humain nous trouvons des représentants arriérés qui ontfait halte.

Les dryades des bois, les nymphes des fontaines, les tritons de la mer ont

1 Plus haut, Chapitre II, p. 65.