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INTRODUCTION.
CHAPITRE X.
spéculatif tremblait en quelque sorte sous les pieds. Pouvait-on regardercet échafaudage comme l’expression de la nature? Alphonse de Castille n’était-il pas le précurseur d’une époque nouvelle lorsqu’il disait : « Si Dieum’avait appelé dans son conseil lorsqu’il créa le monde, il aurait pu mieuxl’ordonner? 1 »
Après de longues réflexions, on est donc amené à revenir de conditionsfort compliquées vers des conceptions de plus grande simplicité. La multi-plicité des rouages finit par faire place à la simple courbe idéale dans l’es-pace. Au lieu de tiraillements sans nombre sur des épicycles et des déférents,on ne voit bientôt plus, dans les mouvements des corps célestes, que l’effetde forces automatiques. L’univers devient un immense mécanisme. De cepoint de vue, tout peu à peu se coordonne et se simplifie. De même qu’onavait résumé toutes les puissances supernaturelles dans un dieu unique, onarrive à fondre plus ou moins complètement toutes les forces physiquesdans l’unité de la nature. Telle est la plus haute conception de la secondepériode.
L’observation. — C’est pendant cette période que la faculté d’observationcommence à se développer et que son éducation s’opère. On reconnaît quepour bien observer il y a des conditions à remplir. Il faut un exercice dessens et un exercice du jugement. Mais l’observation immédiate n’est pastout : il est nécessaire d’en conserver l’expression et de la transmettre. Larédaction d’une observation a donc une haute importance. Ce sera vérita-blement la pierre qui entrera dans l’édifice de la science. Or, bientôt ons’aperçoit des incertitudes de la mémoire et des difficultés des descriptions.
On ne peut ajouter foi qu’aux faits consignés par écrit au moment mômeoù ils ont été observés, aux faits seulement fournis par des témoins immé-diats, fidèles et bien préparés. Tout le reste est douteux et presque toujoursentaché d’exagération ou d’erreur. Et quant aux moyens de description, iln’y a de véritable précision que dans les procédés qui reposent sur desdessins ou sur des mesures. La multiplication des observatoires par lesArabes et l’enregistrement plus assidu des positions des astres, à partir decette époque, marquent l’importance croissante qu’on avait reconnue àl’observation.
4 « Si a principio creationis humanæ Dei altissimi concilio interfuisset, nonnulla meliusordinatiusque condita fuisse. » ( Rodericus Sandius [Rodriguez Sanchez] , Compendiosahistoria hispanica, 1470, lib. iv, cap. 5.)