l’astronomie dans l’histoire.
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III. Epoque inductive. — Mais, à mesure que les délerminations numé-riques se multipliaient, les difficultés s’élevaient de plus en plus dans lavoie des systèmes. On avait beau s’efforcer de mettre la machine en har-monie avec les faits nouveaux qui s’accumulaient de toutes parts, on nefaisait que la compliquer, sans produire un accord de nature à satisfaire. Unmoment vint où il ne fut plus possible de concilier les observations avec lessystèmes et ceux-ci se virent condamnés.
U était clair qu’on ne parviendrait pas par des expédients à l’entente desmouvements célestes. C’était le lien intime de tous ces faits en apparencedétachés ou dissidents qu’il fallait saisir. La voie des créations subjectivess’étant trouvée inefficace, une nouvelle faculté était nécessaire dans le travaild’investigation. Elle se montra et se développa à son heure : on la nommal’induction. C’est elle qui, en jetant un regard d’ensemble, un coup d’œil demailre, sur tous ces faits accumulés, fut appelée à deviner en quelque sortela loi qui les rattachait entre eux. Ce fut ensuite à la comparaison, opérationplus élevée que l’observation proprement dite, et jusque-là relativementnégligée, à confirmer l’existence de la loi, en montrant l’accord des mesuresavec l’hypothèse L
À ce moment l’imagination peut reprendre sa tâche, mais dans des condi-tions nouvelles et plus fructueuses qu’autrefois. Seule, elle u’arrivait àproduire qu’une œuvre illusoire. Aidée de facultés auxiliaires et mise enprésence d’un tableau plus étendu et plus correct, elle suggère les relationscapables de relier entre eux les phénomènes; elle donne l’idée des causesdont l’ohservalion enregistre les effets.
Il arrive donc un instant où les différentes facultés se prêtent un concours.Mais il faut pour cela que les dernières à se manifester se soient développées.L’induction est venue marquer un terme plus avancé dans le développementdes méthodes d’investigation. Il avait été facile à l’homme de créer dessystèmes, parce qu’il les prenait dans son propre fonds. Mais lorsqu’il fallait,après avoir créé, passer par la comparaison des théories avec les mesures, lasituation était bien différente : car il était nécessaire de saisir l’essence mômedes phénomènes. La plupart de ces phénomènes, y compris les principauxd’entre eux, avaient été sous les yeux des hommes depuis des siècles,sans qu’on en eût trouvé l’explication. Telle était par exemple la chute descorps. Le premier qui saisissait la loi d’un pareil ordre de faits trouvaitdonc le mot d’une énigme qui s’était posée chaque jour pendant une suite
1 Comparez Laplace, Théorie analytique des probabilités, 1812, introd.; reproduit dansses OEuvres, t. Vit, 1847, p. cliv.