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INTRODUCTION.
CHAPITRE X.
d’âges, sans qu’on fût parvenu à la déchiffrer. L’explication qu’il en donnaitn’était pas seulement une preuve de son avancement personnel; elle venaitrévéler l’usage d’une nouvelle faculté d’investigation, jusqu’alors latente etnégligée, un véritable pas en avant dans l’évolution. Jusque-là on n’avaitsu voir, en effet, que l’expression empirique des phénomènes, sans endécouvrir les lois.
La science moderne ne se contente pas, comme celle des anciens, de lavue extérieure d’un monde auquel elle crée des ressorts fictifs; elle aspireà saisir les lois directrices. Ces lois, c’est l’induction qui les découvre pourelle. De toutes les facultés d’investigation, l’induction est la plus élevée quenous connaissions et que nous mettions en oeuvre aujourd’hui. Elle est ladernière qui a paru dans l’évolution intellectuelle. Mais il n’y a rien d’absurdeà demander s’il n’en viendra pas d’autres après elle, qui augmenteront nosmoyens de connaître et le degré de notre certitude. Le passé doit nousrendre circonspects lorsque nous sommes tentés de prononcer sur ce point.Les anciens physiciens n’avaient pas d’idée de la science inductive, ilsn’avaient pas de conceptions supérieures à celles de l’empirisme; et pournous tout serait terminé, nous aurions vu l’évolution scientifique sous toutesses formes !
Ce qui est vrai, c’est que la science s’arrête aujourd’hui à la connaissancedes lois dont l’induction lui a permis de faire la découverte. La simplifica-tion toujours croissante de ces lois, et l’analogie qu’on remarque entre cellesqui régissent les divers champs d’investigation, font soupçonner que toutespourraient un jour se résumer dans une règle primordiale et universelle.L’idéal de l’époque inductive serait alors une loi, comme celui de l’époqueempirique était une nature, et un dieu celui de l’époque primitive 1 . Demoins en moins audacieuse ou prématurée dans ses conclusions, la science,à chaque pas en avant, s’est efforcée de serrer les faits de plus près. Maisa-t-elle épuisé tous les ressorts d’investigation et ne lui reste-t-il rien àdécouvrir au delà des lois?
La confirmation. —■ Toujours est-il que l’intelligence des modernes esten possession d’une faculté de recherche qui, pour les anciens, était demeuréelatente. Il ne faudrait pas croire que le mérite de l’induction consiste uni-quement dans la présentation d’hypothèses nouvelles. La valeur de cesconceptions réside tout entière dans leur conformité avec l’objectif, laquelle
i Comparez Aug. Comte, Cours de philosophie positive, t. 1,1830, p. o.