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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE X.

il doit être toujours prêt à réformer ou à compléter les théories, à mesurede l’extension et de la plus grande précision des observations.

Les trois époques en séries parallèles. — Le progrès est un des carac-tères de la science, et quels que soient les ressorts nouveaux, inaperçus denos jours, que le développement des facultés d’investigation réserve à nossuccesseurs, nous distinguons nettement dans le passé les trois époques suc-cessives des fables, de l’empirisme et de l’induction. Comme elles dépendentde ce qu’on pourrait appeler l’éclosion ou si l’on veut l’épanouissement defacultés différentes, qui n’acquièrent pas en même temps leur puissance, lestrois caractères dominants viennent aussi à la suite les uns des autres. Enmême temps l’histoire prouve que les facultés écloses ne meurent pas, quenombre de traits, au contraire, de chaque époque antérieure, se perpétuentdans les époques qui suivent. Les voies se multiplient donc sans se rem-placer. Les fables, l’empirisme, l’induction existent aujourd’hui côte à côtedans une même société. Au lieu d’un développement dont les éléments setransformeraient suivant les époques, nous ne trouvons de changement quedans la prédominance de certains traits, tandis que les anciennes formes seprolongent à côté des formes nouvelles.

Ce fait permet de comparer les notions de l’intelligence humaine auxséries parallèles des naturalistes. On dirait de grands fleuves qui coulentcôte à côte, mais qui n’ont pas leurs origines sur une même ligne. Le fleuvedes fables est parti le premier et c’est celui qui nous vient de plus haut. 11est descendu jusqu’à nous sans s’interrompre. 11 ne paraît plus avoir le volumedes temps antiques, mais il roule encore des eaux puissantes au milieumême de notre société. L’empirisme a grandi ensuite, et s’est développé peuà peu, parallèlement à son aîné. L’induction enfin s’est montrée plus tardencore et a sa source plus près de nous. Mais les trois courants marchentde conserve, les plus anciens en perdant de leur importance à côté d’unnouveau venu plus abondant, sans cependant qu’aucun d’eux donne jusqu’icides signes de tarir.

Vestiges astronomiques des époques antérieures. — La persistance deces fleuves de notions qui, une fois en cours, se perpétuent à travers lesâges, est peut-être mieux illustrée par l’histoire de l’astronomie que parcelle de toute autre science. Là, en effet, le phénomène remonte plus hautet il se lie d’une manière plus intime à l’état social entier. Cette survivancedes notions anciennes, après qu’elles ont été reconnues insuffisantes oufausses, et en dépit du travail supérieur d’une époque plus avancée, est un