Band 
Première partie.
Seite
297
JPEG-Download
 

l’astronomie dans l’histoire.

297

fait du plus grand intérêt. Combien d’illusions, de préjugés, d’usages, determes que nous employons sans en rechercher l’origine, remontent, dansnotre société même, à l’époque des fables et à une antiquité de plusieursmille ans!

Nos populations voient encore dans la Lune la figure humaine mise dansnotre satellite par l’homme de l’âge de la pierre '. Nos feux de joie de laSaint-Jean continuent ceux du solstice d’été 1 2 ; Noël perpétue la fêle dusolstice d’hiver 5 ; les prêtres rallument le cierge pascal, comme autrefois lefeu sacré, à l’équinoxe du printemps *. Nos campagnards déposent les aéro-lithes, ces pierres mystérieuses, dans les églises, comme les anciens les met-taient dans les temples 5 . En bénissant les cloches, on leur demande encorede chasser les fantômes qui produisent les ténèbres, souvenir aujourd’huiinconscient du temps où un dragon monstrueux avalait la Lune dans seséclipses 6 . Les astronomes eux-mêmes parlent de la période draconitique,qui ramenait l’invasion de ce terrible animal 7 ; et à l’évaluation numériquesi précise des longitudes du Soleil ils se plaisent à ajouter, sans qu’aucunmotif subsiste pour cette donnée, l’entrée de cet astre dans chacun des signeszodiacaux.

Nous n’avons pas encore, pour les étoiles, de nomenclature plus régu-lière ni plus systématique que celle de la sphère des monstres et des héros.Fiers de notre numération décimale, nous comptons pourtant 2 fois 12 heuresdans la période diurne, parce qu’il y a quatre mille ans on comptait ainsi 8 .Nous subdivisons le temps et les arcs dans l’échelle sexagésimale, parce quec’était celle des Chaldéens du temps de Nimroud 9 . L’Angleterre a continué àcompter par règnes ses années légales, comme on le faisait en Asie avantl’ère de Nabonassar 10 .

La divination est encore pratiquée sérieusement, dans bien des circon-stances, par le café, les cartes à jouer et d’autres indices. Il y a des sour-ciers, que l’on consulte, et qui découvrent l’eau par le moyen de la baguettedivinatoire. L’idée de l’influence de la Lune sur le temps est invétérée danstoutes les classes, au point de décourager jusqu’aux tentatives d’amende-ment u .

On dit que si l’astrologie naturelle est encore à l’état de croyance à peuprés universelle, les erreurs de l’astrologie judiciaire sont abandonnées. Mais

1 Plus haut, Chapitre II, p. 42. — 2 Chapitre IV, p. 116. — 3 Chapitre II, p. 35; Cha-

pitre III, p. 86. — 4 Chapitre IV, p. 120. — 3 Chapitre IV, p. 122. — 3 Chapitre II,

p. 65. — i Chapitre II, p. 63. — 8 Chapitre III, p. 80. — 9 Chapitre I, p. 28. — i° Cha-

pitre V, p. 152. — il Chapitre VII, p. 243.

38