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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE X.

raison d’être organique ne se modifieraient, comme les habitudes physiques,qu’avec une extrême lenteur. Le fait est que les sociétés semblent perpétueravec elles des opinions traditionnelles, qui sont comme une partie intégrantede leur bagage intellectuel. La vérité se fait jour auprès du préjugé, maisle préjugé subsiste. On dirait qu’il suffît à une idée d’avoir existé dansun certain temps pour laisser dans l’avenir des traces ou rudiments indis-solubles.

II en est un peu de cette manière pour l’individu. Quand il est sagace etintelligent, il corrige ses premières notions; mais il lui reste presque toujoursquelque chose des idées qui lui avaient été communiquées dans ses pre-mières années. Or, les peuples, a dit Guillaume de Ilumboldt, sont desindividus collectifs. Pour eux, comme pour l’homme individuel, le présentest à chaque instant la résultante du passé. On pourrait donc dire que lepassé est toujours là, sous la forme non seulement d’acquisitions mais aussid’images antérieures. Les conceptions de la pensée humaine ressemblentà d’immenses plantes rampantes, qui étendent leurs rameaux à travers lesépoques subséquentes et mieux informées.

Les monuments astronomiques des trois époques. — Si ces époques ne sedistinguent pas entre elles par des caractères exclusifs, si les anciennes seprolongent même, à certains égards, côte à côte des plus récentes, il n’en estpas moins vrai que l’aspect prépondérant s’est, modifié, et que le nombre desfacultés mises en œuvre dans le travail d’investigation a été en augmentant.La diversité des caractères présentés par les trois grandes époques estaccompagnée d’une différence correspondante dans la nature des monumentsastronomiques de ces trois périodes. On voit ici, une fois de plus, commenttout s’enchaîne dans le développement général de la société.

La première époque, soit qu’on la considère chez les peuples de l’antiqueOrient, ou parmi les nations semi-civilisées rencontrées par les conquérantsdu Nouveau Monde, ne nous a laissé que des documents figuratifs et souventsymboliques. Ces premiers souvenirs sont gravés sur les édifices égyptiens,sur les tablettes de Ninive , sur les calendriers aztèques, voire même sur lesbâtons runiques des Scandinaves. L’aspect du ciel et le cours du temps n’vétaient encore exprimés que par des figures et des symboles. On parlait auxyeux autant qu’à l’intelligence. L’historien est réduit à consulter ces sourcessur les monuments, ou sur les dessins et les fac-similia qui les reproduisent.On n’en a déchiffré jusqu’ici qu’une faible partie.

Pendant la deuxième époque, qu’il s’agisse de la Chine, de l’Inde , ou dumouvement intellectuel de la Grèce , continué par les Arabes et par les