Band 
Première partie.
Seite
303
JPEG-Download
 

l’astronomie dans l’histoire.

505

c’osl que l’homme a passé par des moyens de plus en plus parfaits de con-server sa pensée. 11 n’a eu d’abord qu’une écriture symbolique. Plus tard estvenue l’écriture phonétique; mais il fallait l’exécuter à la main. Enfin, endernier lieu, on est arrivé au moyen mécanique et multiplicateur de l’impri-merie.

L’outillage astronomique des différentes époques s’est également transformésuivant le progrès des arts. Tous les peuples qui ont fait une première étudedes mouvements célestes ont commencé par édifier des temples-observatoires,placés souvent sur de massives pyramides '. Puis, s’ils arrivaient jusqu’auxcalculs empiriques, ils ont eu l’astrolabe et la clepsydre. Ces deux instru-ments sont caractéristiques de cette deuxième époque; ils la suivent danstoute son étendue, et sont encore à celle heure ceux des peuples arrêtés àcette phase, les Chinois, les Ilindoux, les Persans, demeurés barbares. Letélescope et l’horloge à pendule n’appartiennent qu’à la dernière période :c’est la civilisation moderne qui les a inventés et qui les emploie. Ce sontaussi nos progrès qui seuls ont permis à l’astronomie de s’aider des secoursde la haute optique, de la spectroscopie, de l’électricité.

La science marche de pair, dans son avancement, avec la société. C’est làun phénomène général, si simple et si évident qu’il nous apparaît en quelquesorte nécessaire. Celte harmonie se retrouve partout; et ce qui est dignede remarque, ce n’est pas tant la concordance des deux développements quel’espèce de fatalité avec laquelle celui de la société détermine celui de lascience. Partout, au même degré social, la connaissance des astres estarrivée au même point d’avancement, sans y manquer nulle part.

L’astronomie des Incas et des Aztèques n’avait pas de traits vraiment dis-tincts de ceux de la science préhistorique des peuples de l’antique Orient.Elle n’avait qu’une première idée du ciel étoilé. La Grèce classique, l’Inde ,la Chine ont fait, à l’insu les unes des autres, les mêmes efforts pour repré-senter empiriquement les mouvements des astres mobiles, et de chaque côtéon y est arrivé à peu près, par l’application de termes plus ou moins habile-ment formulés, d’après l’observation des inégalités. Les développements dela science ont toujours présenté, sur des horizons correspondants, uneanalogie frappante. A parité d’avancement social, les mêmes conceptionsse sont présentées partout aux esprits. A la Chine, dans l’Inde , comme enGrèce , on parlait de l’harmonie des sphères. Le soupçon d’une rotation dela Terre s’était fait jour depuis l’Égypte jusqu’à l’extrême Orient. L’idée del’inlluence des astres sur nos actions n’était pas seulement commune à tous

1 Plus haut, Chapitre lit, p. 101.