Pendant les années 1843 et 1844, Hoüzeau fit de fréquents voyagesà Paris , et il passa même dans celle ville une grande partie de l’hiver1843-1844, fréquentant les bibliothèques, et surtout la Bibliothèquenationale, très riche, comme on sait, en ouvrages et en manuscritsd’astronomie. C’est alors qu’il dépouilla la correspondance de l’astro-nome français Boulliaud, dans laquelle il trouva d’intéressants rensei-gnements sur M.-F. Van Langren, cosmographe belge fort peu connujusque-là (1). Au moyen des notes qu’il parvint à réunir, il publia en1852, dans les Bulletins de l’Académie royale de Belgique (t. XIX, 3°,pp. 497-507), une notice intitulée : Sur l’astronome Van Langren,extrait de notes bibliographiques.
Le 7 janvier 1844, il avait donné en communication à Quetelet , avantde l’envoyer aux Aslronomische Nachrichlen, auxquelles il le destinait,son important travail : D’un nouvel effet de l'aberration de la lumièreparticulier aux étoiles dotibles qui possèdent un mouvement propre; surles systèmes binaires 6i Cygni et 70 p Ophiuchi. Ce mémoire fut publiéle mois suivant dans le tome XXI du journal allemand (col. 241-248 et273-278). Voici comment l’auteur en exposait l’objet :
« Les mouvements relatifs des deux étoiles qui composent le groupebinaire 70 p Ophiuchi ont présenté une irrégularité inattendue, restéejusqu’ici sans explication. Celte irrégularité, mise hors de doute parMâdler, dans le n° 444 des Astronomische Nachrichlen, avait conduit cesavant astronome aux conclusions suivantes : « Ou bien, disait-il, le» mouvement, dans ce système, ne suit pas les lois de Newton ; ou bien» les centres des figures que les deux étoiles décrivent pour nous ne» sont pas les centres de gravité des masses, b Je vais essayer de mon-trer qu’il n’est pas nécessaire, pour représenter les phénomènes observés,de recourir à l’une ni à l’autre de ces hypothèses. Une conséquence jus-qu’à présent inaperçue de l’aberration de la lumière, particulière auxétoiles doubles qui possèdent un mouvement propre, me servira à résou-dre la difficulté. Je démontrerai, dans cette note, l’existence de celtenouvelle équation d’aberration ; je donnerai les formules nécessaires pourla calculer; et, enfin, dans l’application que je tenterai de ces formules àla marche du compagnon de 70 p Ophiuchi, je m’efforcerai de faire dis-paraître les différences entre les résultats calculés et ceux de l’observa-tion. »
La Bibliothèque universelle de Genève donna une longue analyse de ce
(1) Voyez, sur Van Langren, la 5 e année de Ciel et Terre, p. 58.