Son retour à la Nouvelle-Orléans . — Le journal la Tribune. —
Sa campagne abolitionniste.
Toulcfois, animé depuis longtemps du désir de visiter le nord desÉtats-Unis, qu’il ne connaissait pas encore, il échangea vers le milieu de1863 sa position de rédacteur pour celle de correspondant, et au com-mencement de juillet il partit pour New-York (par mer), où il s’arrêtaune huitaine de jours. Le 23 il arrivait à Philadelphie , qui lui
avait été assignée comme quartier général.
Il resta dans celle ville jusqu’en novembre 1864.
Pendant le séjour de quinze mois qu’il fil dans la cité des quakers,Houzeau utilisa la plus grande partie de son temps à des recherchesscientifiques et littéraires. C’est alors qu’il rassembla les matériaux deses Études sur les facultés mentales des animaux comparées à celles del’homme, qu’il devait publier quelques années plus tard, en 1872. Saposition de correspondant de l’Union lui laissait d’ailleurs beaucoup deloisirs.
Au mois d’octobre 1864, il reçut des administrateurs du « journalnègre » l’offre d’en prendre la direction politique. Il accepta, et le14 novembre 1864 il inaugurait ses nouvelles fonctions. Son départ dePhiladelphie avait eu lieu le 4.
L’organe de la population libre de couleur avait changé de nom pen-dant son absence (il s’appelait aujourd’hui la Tribune'). Houzeau vouluten élargir la mission. « D’un journal local, dit-il, j’entrepris de faire unjournal d’une importance nationale. Au lieu de parler au nom et dans lesintérêts d’un petit groupe, la Tribune, selon moi, devait défendre lesmasses de la race proscrite, et porter le drapeau de celle populationopprimée, réunie tout entière autour d’elle. J’ai été assez heureux pourréaliser celte pensée d’unité, qui, en même temps, nous donnait laforce. »
L’un des premiers soins du nouveau directeur fut de mettre à exécu-tion le projet qu’il caressait depuis longtemps, de donner à la partieanglaise du journal le rôle prépondérant. « Ce devait être, disait-il,la véritable « tribune » du haut de laquelle il fallait parler au gouver-nement et au pays. * Et il se chargea d’écrire lui-même les principauxarticles de cette partie anglaise.
Mais la Tribune n’en était encore qu’à ses débuts et son influence seréduisait à bien peu de chose. « Ce n’était pas seulement la conspira-tion du silence qui l’étouffait, c’était la conspiration du mépris. Il était