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SUI SECULI FACILE PRINCIPIS,in Hungaria quinque ecclesiarumOLIM ANTISTITIS POEMATA QUÆUSPIAM REPERIRI POTUERUNT OMNIA ;
etc., etc. Trajecti ad Rhenum,apud Barthol. Wiid, bibliopolam,M.D.CC.LXXXIV. 2 vol. in-8 dexvi-691 et 414 p.
Le nom véritable de cet auteur est,comme on le sait, Jean de Cisinge,poète latin du xv e siècle. La plupartde ses poésies sont très licencieuses;quelques-unes donnent même lieu desuspecter sa croyance religieuse, bienqu’il fût évêque. Cet auteur, sur lequelon peut utilement consulter la Biblio-graphie universelle (t. VIII, p. 582) etl’ouvrage manuscrit de l’abbé Mercierde Saint-Léger, sur les poètes latinsdu moyen âge, ne serait pas cité ici,sans une particularité que l’on re-marque dans ses œuvres et qui, croit-on, n’a été mentionnée nulle part :dans les poésies et notamment dansles épigrammes de Janus Pannonius ,un certain nombre de mots ont étéchiffrés, en raison de leur extrêmelicence. Je vais en donner un exemple,non sans prier le lecteur de bien sesouvenir que « le latin dans les motsbrave l’honnêteté. »
Voici donc le texte chiffré de lacxLi 0 épigramme du livre premier(tome I, page 622) :
De Luciâ.
Cùm sese nobis gxuxjoebn Mxdkb prœbet,
Dum fero sublatos be nfb dpmmb qfeft.
Terribilem fœdo misit de g pekdf cpncxn,
CLualiter æstivâ fulmina nube crêpant.
Territus avertor, digitis simul obstruo nasurn,Xfob sfufoub cadit, cogitabire pudor.
Mxdkb, nulla tuo, contingent gaudia, dxoop,
Tam malê moratus, si tibi âxmxt erit.
La clef de ce chiffre est fort aisée àdécouvrir; l'alphabet est composé detelle manière que la lettre a étant sup-primée, chaque lettre prend la valeur
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de celle qui la précède; ainsi le bsignifie a; le c vaut le b ; Ve représentele d y et ainsi de suite jusqu'à la fin del’alphabet; exemple :
colladp mm b.
Ceci étant bien compris, rien n’estplus facile que de traduire l’épi-gramme ci-dessus et l’on obtient letexte suivant :
Cùm sese nobis futuendam Lucia prœbet,
Dum fero sublatos, ad mea colla pedes ,
Terribilem fœdo misit de podtce bomburn,Qualiter æstivâ fulmina nube crêpant.
Territus avertor, digitis simul obstruo nasum,Vcna retenta cadit, cogit abire pudor.
Lucia , nulla tuo, contingent gaudia, cuntto ,
Tam ma)è moratus si tibi culus erit.
La mésaventure à laquelle Jean deCisinge fait allusion dans cette petitepièce l’avait, sans doute, singulière-ment frappé, car il revient à plusieursreprises sur ce sujet et notamment,page 55o du même tome, il consacredeux épigrammes à adresser le mêmereproche à sa maîtresse.
Ce spécimen dispense de traduire lesautres passages chiffrés des poésies del’évêque des cinq églises. On remar-quera toutefois que les pièces ainsitravesties ne sont pas les plus licen-cieuses du recueil; on semble avoireu pour but d’éviter, à l’aide du chif-fre, non les allusions ou descriptionsobscènes, mais plutôt les mots gros-siers. On trouve, en effet, dans cespoésies certaines pièces, impriméessans le moindre déguisement, bienplus libertines que celle qui vientd’être citée et qui donnent une asseztriste idée de la moralité de JanusPannonius ,
Un travail bien curieux, mais pres-que impossible à effectuer aujourd’hui,consisterait à découvrir la clef desnoms des personnages auxquels sontadressées la plupart des pièces éro-tiques en question; assurément Pin-dola, Linus, Jules, Paul, Hugo,Charles,Prosper et autres jeunes gens; Julie,
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