LES LIVRES A CLEF
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tin, eut plusieurs éditions. C'est unesatire ingénieuse et souvent mordantedes vices de la cour de Rome à cetteépoque ; elle n’a point été, je crois,traduite en français ; mais elle méri-terait de faire l’objet d’une bonneétude analytique. VEudémie serait, denos jours, peu intelligible si l’on n’enavait une clef, non pas celle promisepar Aprosio, mais une autre que l’onva extraire et traduire littéralementdu livre de Chrétien Gryphius : « Descriptoribus Historiam seculi XVIIillustrantibus. » (Lipsiae, 1710, pages49 1 à 49 5 )-
« ...Parmi les auteurs de fables mi-lesiennes qui retracèrent l’histoirevéritable sous des noms imaginaires,il n’en est guère de plus remarquableque Jean-Victor Rossi. Son Eudémiepubliée, réimprimée à Amsterdam ,en i6q5, augmentée de deux livres,n’est autre chose qu’une satire desplus ingénieuses contre la Cour deRome ; on la relirait encore aujour-d’hui avec grand plaisir si l’on avaitla clef qu’avait promise Ange Apro-sio de Vintimille , moine augustin,qui,sous le nom de Cornélius AspasiusAntivigilnii, publia à Bologne , en1637, une Bibliothèque italienne, for-mat in-12 (la Biblioteca Aprosiana).Mais puisque nous n’avons point en-core vu ce travail, contentons-nous dedonner ici le résultat de nos observa-tions personnelles. Nous nous servonspour les huit premiers livres, de lai r * édition précitée, en marge de la-quelle nous avons noté tout ce quinous a paru de nature à éclaircir lesens véritable de VEudémie.
« Tout d’abord, disons qu 'Eudémiedésigne la Cour romaine et que lesDynastes ne sont autres que les car-dinaux, que l’auteur raille avec finesseen racontant sur leur compte des his-toriettes peu édifiantes ; ce qui luiattira la disgrâce des Romains, ainsiqu’il le laisse clairement entrevoirdans les lettres adressées à Tyrrhène,son bienfaiteur, le cardinal Chigi.
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Il retrace, à ne pas s’ytromper, l’ambition descardinaux et les intri-gues que l’on pratiquepour arriver à cette di-gnité.
Agnostes, — c’est Vincen-nius Gramigna ;
Le « Vir nobilis Acadé-mies Conditor » dont onfait l’éloge,— c’est Man-cini, membre de la So-ciété littéraire romaine« Les Humoristes ; »
Bellinus — désigne Gua-rini, le fameux auteurdu « Pastor fido ; »
Talassius — n’est autreq ue Jean-Baptiste Marin,poète italien fort célèbreau commencement dusiècle ;
Salvius Tifernas, — c’estGaspar Salvianus ;
Jérôme Volusius — dési-gne Jérôme Alexander,homme très savant, àqui Rossi dédia son« Eudémie ; «
Clusius Accipitei -signi-
fie Henri Falconius ;
Fabullus Leonatus, — c’estVadius Leonida, citédans la« Pinacothèque »c. 26 ;
Sextilius Ligur — dési-gne Augustin Mascardi,Génois, écrivain latin ettoscan célèbre ;
Janus Thorius — sem-blerait être Castelli-nius ;
Qucesitor Eugameus, —c’est Antonius Quæren-gus, qui eut tant de re-nommée à Padoue ;
« Adolescens nobilis Tyr-rhenus, » — Fa brio Chi-gi, qui devint plus tardsouverain Pontife, sous