1149 MAITRESSES
a publié, en vers charmants, des imi-tations de la délicieuse Pancharis deson ami Jean Bonnefons . Il ne s’estpas gêné, d’ailleurs, pour substituerle nom de sa maîtresse, qu’il appelleCharlotte, à celui de Pancharis. M. P.Blanchemain a conjecturé avec ingé-niosité que le vrai nom de cette belleétait contenu dans ce titre bizarre-ment anagrammatisé « L’Isle du chasteRoc, » dont le retournement donneCharlotte de Soulci (ou Sulci, ouSucy ), que Durant a célébrée ailleurs.L’ami de Jean Bonnefons a encorechanté dans ses « Dernières amours »une Camille, sur laquelle nous nepossédons aucun indice.
ELLAIN, NICOLAS. — Les Son-nets de Nicolas Ellain, Parisien(Avec une Epître en vers Françoisa Eustache du Bellay, Evêque deParis , par Grégoire Gourdry, Ver-mandois). A Paris , pour VincentSertenas, 1561.
Ellain, homme de loi et comme telcondamné à passer sa vie au Palais,montra toujours peu de goût pour laprocédure. Il s’adonna bien plus vo-lontiers à la poésie et célébra, dans sesnombreux sonnets, une Pandore dontnous ignorons le vrai nom. Il avaitdédié ces vers à l’évêque de Paris , cequi offusque beaucoup l’abbé Goujet,malgré les raisons données par Gré-goire Gourdry pour excuser la har-diesse de son ami Ellain.
ENNETIÈRES, JEAN D’... — LesAmours de Théagines et de Philo-XÉNE, ET AUTRES POÉSIES, PAR J. d’En-netiéres. — A Tournay, 1616,in-16.
Jeand’Ennetières, seigneur de Beau-nez, Maisnil et autres lieux, a compo-sé encore un poème assez important
DES POÈTES I15O
| pour l’histoire de Bourgogne, intitulé:: « Jacques de Lalaing , chevalier de la! Toison d’Or, » puis des poésies dévo-j tes ayant pour titre : <1 Les quatre bai-| sers que l’âme peut donner à son DieuI dans ce monde. » Tout cela est beau-j coup moins gai que Théagines etPhi-i loxène, où l’auteur se mettant lui—j même en scène, célèbre ses amoursj pour une beauté sans pareille, à grandj renfort de mignardises et de gentilles-; ses galantes, sans tomber cependant,
; comme beaucoup de ses contempo-I rains, dans la licence et l’obscénité.Onj remarque encore, dans ses Mélanges,j une élégie adressée à M 11 ® Florence dej Catris, qu’il appelle sa fiancée.
EXPILLY , CLAUDE. — LesPoèmes de messire Cl. Expilly . —
| Grenoble , Pierre Verdier, 1624,
| gr. in-4.
On trouve dans ce livre « Lesj Amours de Chloride, » entièrementj composés pour Méraude de Baro, dontj il est parlé plus haut à l’article con-! cernant Pierre de Cornu, qui l’épousa,j * Elle estoit très belle, dit Expilly , etj « d’une humeur si douce et si at-; « trayante, avec un esprit de femmej « si gentil que je l’aimay et servis de; « tout mon cœur durant quatre ou! « cinq ans, ayant eu beaucoup dej « part à ses bonnes grâces. » Pauvrej Cornu ! — Ajoutons que ce savant! magistrat ne soupira point seulement| pour cette belle : outre GabrielleI d’Estrées, à laquelle il adressa beàu-i coup d’encens, il eut encore en vue,j dans ses « Diverses Amours, » unei beauté nommée Suzanne de Granges;j puis il fit des stances pour mademoi-j selle Lucrèce de Mirmam ; enfin, dansi un de ses Dialogues, il fit ouverte-! ment la cour à une certaine Eriphile,dont nous ignorons le véritable nom.
FERRY, PAUL, ministre de la