II67 MAITRESSES
AUCUNS DISCOURS NON MOINS RÉCRÉA-TIFS ET PLAISANS, QUE SENTENTIEUX
et graves. — Au premier desquelsest traité des louanges du Droit etLoix civiles, ensemble de leur ori-gine. Au second, de l’origine et ex-cellence de la noblesse. Et au troi-sième de l’origine des Gaulois , en-semble des Angevins et Manceaux,avec plusieurs sonnets, odes et au-tres œuvres dudit Le Masle. — AParis , pour Jean Poupy, 1580, in-18ou pet. in-12.
Le Masle, bon jurisconsulte et bonavocat, ennemi de la chicane cepen-dant, ce qui est rare dans le métier,composa dans sa jeunesse, pour sedélasser de l’étude du droit, d’as-sez nombreuses poésies en l’hon-neur de plusieurs demoiselles qui neparaissent pas avoir répondu à sesgalanteries. Il s’en consola en épou-sant à Angers M 11 * Le Bigot, fille dulieutenant général de Baugé; il futsans doute très heureux en ménage,car, dans plusieurs de ses sonnets, ilchante les louanges de sa femme etlui témoigne une vive amitié.
MASSON, LE... — Les premièresŒuvres de Nicolas Le Masson,advocat en la Cour, dédiez a laReyne. — Paris , Ollivier de Varen-nes, 1608, in-12.
Ce poète, connu seulement par detrop courtes notices de Viollet-le-Duc et du marquis de Gaillon (« Bulletindu Bibliophile, » février i 85 g, p. 120),méritait, paraît-il, les honneurs de laréimpression bien plus que divers au-teurs de son époque qui ont eu cetavantage. Ses œuvres, dédiées à Mariede Médicis , sont encore assez intéres-santes, et surtout fort élogieuses pour
DES POÈTES Il68
Mantes, ville natale de Le Masson.Comme la plupart de ses contempo-rains, il chanta ses « Amours » en 114sonnets, stances, élégies, etc. Mais ileut le malheur de perdre la femmequ’il célébra sous le nom à’Isabelle,ex,plus fidèle que bien d'autres, il con-sacra encore à sa chère morte unevingtaine de sonnets et autres petitespièces, réunies dans son livre sous letitre du « Trespas d’Isabelle. » Onignorera sans doute toujours le vrainom de cette compagne tant aimée.
ET CHASTES AMOURS D’IsABELLE, IMI-TATION de l’Arioste , par AntoineMathe de Laval. — Paris , 1597.
Ce long poème en l’honneur d'/sa-belle, dit M. de Veyrières, est suivi detrente sonnets qui sont loin d'êtreméprisables, composés également à lalouange de la même personne. Cettebelle se nommait Isabelle Nicolay ;elle était d’origine hollandaise etl’auteur finit par l’épouser.
MESCHINIÈRE, DE LA... — LaCeocyre de Pierre de la Meschi-niere. — Lyon , Barthélémy Hono-rât, 1578, in-4.
Sous ce nom tiré du grec et d’unesignification peu claire, Ceocyre (quel-que chose comme « la maîtresseperdue »), La Meschinière, amant mal-heureux, trompé dans son espérance,ne voulant pas perdre tout le fruit deson amour, a publié les vers que luiinspira sa passion et les a dédiés àmessire Jacques de La Fin, qui l’avaitconsolé dans son désespoir amoureux.«Telle est l’origine des 1 5 1 sonnets,des odes, des chansons, églogues etbergeries qui composent ce volume.— Quand bien même, dit M. Violletle-Duc, les rigueurs de la maîtresse