MAITRESSES DES POÈTES
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« Regrets » et la « Doctrine aux fillesde joie », il va sans dire que ce nefut qu’une grande dame de la cour...du « Roi des Ribauds ».
Avant de tomber dans ces honteusesrelations avec des femmes perdues,dont la « Ballade à la grosse Margot »nous donne l’ignoble tableau, Villon fut réellement amoureux. « Il connutl’amour vrai, dit M. P. Jannet, l’amournaïf et timide. Quel fut l’objet de cettepassion, c’est ce qu’il n’est pas facilede dire. II l’appelle de divers noms,Denise, Roqe, Katherine de Vauqelles.Que ce fût une femme de mœurs faci-les, une gentille bourgeoise ou unenoble damoiselle, il paraît certainque c’était une coquette. Elle l’écoutad’abord, l’encouragea et finit par lerebuter. » Cette passion malheureuseattira par la suite bien des disgrâcesau poète qui, cependant, en maintsendroits de ses vers, en conserve ledoux souvenir mêlé à d’amers regrets.
VIRBLUNEAU. — Les loyales
ET PUDICQUES AMOURS DE SCALIONDE VlRBLUNEAU, A MADAME DE BOUF-
flers. — Paris , Jasnet Mettayer,1599, in-12. — Orné de figuresgravées et du portrait de l’auteur.
« Les « Amours » de Virbluneau secomposent de 413 sonnets divisés entrois livres : les deux premiers adres-sés à Angélique, beauté rebelle, et ledernier à Andrienne, qui fut moinscruelle, et que, suivant l’abbé Goujet,il dut épouser. » Aussi ce dernierlivre a-t-il pour titre « Les prospèreset parfaites Amours. » La médiocritéde ces sonnets ne fait pas regretter dene point connaître le nom des bellesqui les ont inspirés. Suivant M. Pros-per Blanchemain, Virbluneau a chantéencore une Dione, demeurée aussiparfaitement inconnue.
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Il y aurait encore beaucoup à diresur ce sujet curieux et bien des décou-vertes à faire ; mais on ne saurait toutconnaître, et il faut savoir se borneren laissant à d’autres, plus érudits etplus patients, le soin et le plaisir denouvelles et piquantes trouvailles. Nequittons point cependant nos poètesdu seizième et du dix-septième sièclesans citer au moins quelques nomsencore. Voici d’abord Michel d’Am-
boise, qui aima, célébra et finalementépousa Isabelle du Bois, demoisellede Madame de Barbezieux , dont ilétait le secrétaire ; — puis Albin desAvenelles, qui consacra ses vers àune Diane, mais pour le compted’autrui, car la belle n’était autre queDiane de Poitiers . — Qui nous dira lenom de la Catin que chanta RemyBelleau , dans la deuxième journéede ses « Bergeries »; — ou celui de laCléande en l’honneur de qui FrançoisMaynard composa des vers? — On nesaurait passer sous silence Pierre deLalanne qui célébra sa femme sous lenom d 'Amarante, en se mettant lui-même en scène sous celui de Daphnis.— Rappelons encore que deux gravesmagistrats, Guy du Faur de Pibrac ,l'auteur même des célèbres quatrains,et Etienne Pasquier , furent amoureux,l’un de la reine Margot, l’autre deMm» Desroches, et aussi de sa fille, etqu’ils leur adressèrent des vers ; —que Muret chanta Marguerite, et queGuillaume du Sable, poète agenais,eut pour amante, sinon pour mai"tresse, une demoiselle Armoise deLommaigne. — N’oublions pas nonplus Vauquelin des Yveteaux , le filsde Vauquelin de la Fresnaye , dont ilest question ci-dessus ; ce vieux fou,qui eut nombre de maîtresses, fin'tpar recueillir une dame Dupuis,femme d’un pauvre diable de chanteurambulant ; il en fit sa bergère, et selivra en sa compagnie à mille extrava-gances ridicules. — Citons encore,puisqu’ils rentrent dans notre sujet,Gabriel de Minut qui, dans sa Paille■