10 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
bus amies, est tombé dans une embuscade et a eula tête tranchée, ainsi qu’un officier de chasseurs, unmaréchal des logis et trois chasseurs (1). Voilà le com-mencement des hostilités. Depuis, les rebelles n’ontcessé de faire des incursions dans la plaine, augmen-tant chaque jour de nombre et d’audace; enfin j’arriveau désastre :
Un commandant du24% M. Gualman, avait remplacéM. Raphel au camp de l’Oued-el-Alleg; hier, il s’aperçutqu’un grand nombre d’Arabes parcouraient la plaine, et,comme il ne voyait pas arriver les prolonges qui chaquejour apportent les vivres au camp, il craignit que leconvoi n’eût été attaqué, et sortit avec cent cinquantehommes d’infanterie et vingt-cinq chasseurs pour allerà son secours. Arrivés à une lieue du camp, ils furentassaillis par une nuée d’Arabes qui les enveloppèrentde tous côtés. Après une défense désespérée, le carréfut rompu, et quelques hommes eurent seuls le bonheurde regagner le camp, se frayant un chemin à la baïon-nette. Cent cinq sont morts, dont deux officiers, ettrente-cinq sont blessés. Le commandant a une balledans la poitrine; mais on espère le sauver. Quatre offi-ciers sont blessés grièvement; sur quatre sergents-ma-jors, trois sont morts et le quatrième est blessé (2).
Et pendant que l’affaire se passait, nous étions dansnotre camp, entendant le bruit du canon et ne pouvant
(1) L’embuscade était tendue par le caïd EI-Béchir, des Hadjoutes.
(2) El-Béchir envoya à Ben-Allal-Si-Embareck, klialifa d’Abd-el-Kader à Milianah, cent huit têtes françaises. Le combat porte le nomdu premier combat de l’Oued-el-Alleg