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Tome premier.
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22 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

Quelques coups de canon ont suffi pour les écarter;ils ne se sont même pas avancés à portée de fusil.

Je suis toujours enfermé dans mon blockhaus, et,quoique je voie très bien ce qui se passe dans la plaine,je n’ai que très rarement des communications avec laville.

L’occupation de Chercheîl était motivce par les mêmes rai-sons qui, en 1839, avaient fait décider l’occupation deDjijelli. On craignait de voir l’Angleterre s’établir d’un mo-ment à l’autre dans un port de la côte. De plus, le bruitcourait que des corsaires musulmans avaient été signalés surles côtes d’Espagne , et la capture d’un navire de commercefrançais , opérée par une tartane de Chercheîl le 26 décembre,corroborait ce bruit. Dans la pensée du maréchal Valée, l’oc-cupation de Chercheîl ne devait être d’ailleurs qu’une opéra-tion préliminaire, destinée à élargir la base d’où l’on devaitpartir pour pousser la conquête dans l’intérieur, vers Médëahet Milianali.

u Pour cette opération préliminaire, dit M. Camille Rousset ,trois brigades furent organisées, sous les ordres des générauxd’IIoudetot, de Dampierre, Duvivier, et sous le commande-ment supérieur du maréchal Valée en personne. Le rendez-vous général était indiqué à Bordj-el-Arba. Le 12 mars, lestrois colonnes commencèrent, chacune de son côté, le mou-vement, se réunirent le 13 au soir et arrivèrent le 15 devantChercheîl, après avoir échangé quelques balles avec les Arabes.La ville était déserte; il n’y restait qu’un mendiant aveugle etun idiot contrefait. Les trois journées suivantes furent em-ployées à construire quelques ouvrages avancés dans lesquelson planta des blockhaus, et à creuser un fossé autour du muren pisé qui forma't le corps de place. Le 19, l’expédition