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Tome premier.
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36 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

chargés de garder la position et d’y rassembler les mortset les blessés. Le nombre s’en élevait à plus de deuxcents, parmi lesquels deux officiers tués et deux blessésdu 2 e léger. Les pertes ont porté particulièrement surce corps, qui était en tête de colonne.

Parmi les officiers tués se trouvait un tout jeunehomme, plein d’avenir, décoré depuis quinze jours. Ilest tombé à côté de moi, frappé d’une balle au cœur;il n’a pas prononcé une parole. J’étais très lié avec cepauvre Guyon, et sa mort m’a fait beaucoup de peine.C’est cependant la plus belle mort que puisse souhaiterun soldat ! Nous l’avons fait enterrer à la cime du pic,et d’Alger même on peut voir son tombeau. Biend’autres braves reposent à ses côtés.

Comme je vous l’ai dit, notre colonel nous avait faitlaisser à la ferme tout ce qui pouvait nous embarrasserdans notre course, de sorte que nous avions à peinequelques morceaux de biscuit dans nos poches. Nousavons passé la nuit sur la hauteur, exposés à un froidtrès vif, n’ayant rien à manger. Ce qu’il y avait de pluspénible était de voir nos malheureux blessés, manquantde tout, éprouvant d’atroces douleurs.

Dans la matinée du 13, un bataillon du 58 e est venules chercher avec des cacolets, et, dans la même journée,ils ont été évacués sur la ferme. Quant à nous, noussommes restés dans notre position jusqu’au 14 au soir,où nous avons reçu l’ordre de rejoindre l’armée. Nousarrivions à destination à neuf heures du soir, et notrecampement fut établi de l’autre côté du col. Ma coin-