42 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
de collier, et nous le donnions gaiement. Nous sommesarrivés enfin sur l’arête principale, en un point d’oùl’on peut apercevoir à la fois Blidah et Médéah; là,après bien des discussions, on a fini par tomber d’ac-cord : « La route étant impraticable, il faut y renon-cer!... » Le maréchal tourne bride et déjà reprendle chemin de Blidah , lorsque, tout à coup, l’aimableM. de Salles s’écrie : « Messieurs, messieurs, uneidée. Nous ne pouvons pas faire de route, faisonsun télégraphe, pour faire quelque chose... » On ritd’abord, on croit qu’il veut plaisanter; mais il tient bonet finit par obtenir que la brigade du général Changar-nier sera laissée en position provisoirement, et qu’unparti définitif sera pris le lendemain. Nous voilà donccampés sur un mamelon pointu, au milieu du brouillard,attendant avec anxiété ce qui sera décidé de notresort (1).
Dans la matinée du lendemain, le général Changar-nier a fait une reconnaissance avec un bataillon du 2°et un du 24 e . Les Kabyles commençaient déjà à seremuer et nous avons été accueillis sur plusieurs pointspar une fusillade assez vive.
En gravissant une montagne, au moment où j’arrivaisau sommet, je me suis trouvé presque nez à nez avec unequinzaine de ces coquins qui montaient du côté opposé ;mais ma vue a suffi pour les faire fuir. Cependant troisd’entre eux plus hardis que les autres, s’étant aperçus
d) Télégraphe et poste d’Aïn-Taïlazid.