4 G CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
de montagnes peu difficile au point de vue militaire,mais présentant de nombreux obstacles à la grosseartillerie et aux moyens de transport. Cette chaîne aenviron neuf lieues de longueur; on tombe ensuitedans la vallée du Chéliff, vaste plaine remarquable parsa fertilité et par la manière dont elle est cultivée ; laroute de Milianah suit cette vallée à peu près pendantquatre lieues de marche ; puis elle traverse une chaînede montagnes escarpées, offrant à chaque pas des posi-tions très faciles à garder et d’un accès des plus difficiles.
Le 22, nous sommes partis de Médéah. Il était de ladernière importance de se porter sur Milianah par unemarche rapide, de manière à y arriver avant que l’en-nemi eût eu le temps de se masser vers le défilé qui setrouve aux portes de Milianah.
Partis à trois heures, nous avons marché jusqu’ausoir, et nous sommes venus camper aux bords duChéliff (1).
Je ne me rappelle pas avoir plus souffert que dans
(1) Le 22 juin, vingt minutes avant l’aube, la cavalerie suivie de lamoitié des bataillons prit la direction du col de Mouzaïa ; aussitôt lesvedettes arabes coururent en donner l’avis a l’Émir, qui, comme au 20 maiet au 15 juin, envoya toutes ses forces, réguliers et cavaliers, occuper lesravins autour des oliviers de Zeboudj-Àzara. Cependant, tandis queChangarnier longeait, avec une lenteur calculée, les pentes du Nador ,derrière lui, Je reste de ses bataillons, l’artillerie et le convoi gagnaientle plus de terrain possible sur le chemin de Milianah; puis, lorsqu’iljugea qu’ils avaient pris assez d’avance, il les rejoignit par une marcheen diagonale avec l’avant-garde du matin, qui allait devenir l’arrière-garde du soir. C’était le pareil stratagème qui avait réussi deux fois augeneral Bugeaud avant la Sihah ; Àbd-el-Kader s’y laissa prendre encore;quand il s’avisa cle son erreur, il était trop tard, et son infanterie étaittrop loin. Changarnier lui avait habilement dérobé une marche.
(G. Rousset.)