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Tome premier.
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164
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164 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT,

Voici ce qui s’était passé.

Tout en galopant à la poursuite de l’émigration dontnous venions d’opérer la razzia, le capitaine Ducrot, quine perdait pas de vue le but essentiel de la campagne,avait recueilli des renseignements certains et précieuxsur Abd-el-Kader . Il avait appris que l’Émir avait établison camp à quelques lieues de nous, sur notre gauche, àun endroit nommé Guelt-el-Stel, où se trouve une sortede réservoir d’eau pluviale. Comme l’eau est très raredans ces immenses plaines desséchées et arides du Sud,Guelt-el-Stel est un lieu de halte obligé. Il se trouvedans une très large coupure qui interrompt la chaînedes Sebâ-Rouss et qui donne accès de la plaine d’A'in-Oussera dans le Zahrez. Le capitaine Ducrot fit aussitôtparvenir cet avis important au général Yusuf, qui, espé-rant toucher enfin au but de tous ses efforts, força lamarche de sa colonne et lui fit franchir les hauteurs ensuivant nos traces. Il admettait comme possible qu’Abd-el-Kaderse porterait au secours de ses tribus attaquées,et que, survenant inopinément avec toute la cavalerie,on avait des chances de le surprendre en flagrant délit etd’en finir une bonne fois avec lui. Mais Abd-el-Kader n’avaitpas donné dans le piège quilui avait été tendu bienfortuitement. Loin de là, il s’était retiré en toute hâte àl’approche de la colonne. Il ne restait plus auprès delui que quelques fidèles cavaliers épuisés par les fatiguesd’une poursuite aussi ardente et ne pouvant plus sou-tenir une lutte pareille. Les tribus que nous venionsd’atteindre et que j’ai su plus tard être les Khaman, le 5