Band 
Tome second.
Seite
189
JPEG-Download
 

STRASBOURG .

189

Nous voici donc fatalement placés entre une folie etune lâcheté ! G’est là le résultat clair et net de la poli-tique de ces dernières années. Si nous intervenons enfaveur du Saint-Père, disent les uns, c’est la guerreavec l’Italie , et nous nous mettons vis-à-vis de la Prussedans la même situation que l’Autriche en 1866. Si nouslaissons impunément violer la convention de septembre,disent les autres, nous devenons la risée de l’Europe etdescendons au rang de la principauté de Monaco ou dela république de Saint-Marin !... A cela je réponds :e ntre une folie et une lâcheté, je n’hésite pas. Qu’ils agisse d’un peuple ou d’un individu, une lâchetédéshonore toujours, c’est-à-dire tue moralement.Tandis qu’il y a des folies qui tournent heureusemente t produisent des résultats tout à fait inattendus. D’ail-l e urs, en analysant bien la situation, en allant au fonddes choses, l’on trouve peut-être que, en faisant respectern otre signature, nous agissons aussi habilement qu’ho-n °rablement. En restant fidèles à la noble devise :

p ans le Moniteur . Je comprends que l’Empereur cherche à arrêter larusse, mais c’est extrêmement douloureux qu’il le fasse au détriment dej. ° n ueur italien. Recevoir la Vénétie en cadeau de la France est humi-^t pour nous, et tout le monde croira que nous avons trahi la France .^u ne pourra plus gouverner en Italie , l’armée n'aura plus de prestige.Reliez de nous épargner la dure alternative d’une humiliation insuppor-* e > ou de nous brouiller avec la France . »

■^vant la guerre de 1866 déjà, le chevalier Nigra écrivait : « Si l’Italie j. Q utractait env crs la France une nouvelle obligation, celle-ci nous leJiait sentir d’une manière intolérable... Il ne serait pas de bonne poli-de laisser l’Autriche s’accroître aux dépens de la France , alors même/J?® Cet arrangement nous assurerait la Vénétie . Le bénéfice de notre°ire sera d’autant plus grand que nous l’aurons obtenu sans l’aide desfrançais . «