200 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
les Français !... » Ils tireraient plutôt trois fois les pre-miers... et, de fait, ils ont raison, car dans cette grandepartie qui ne peut manquer de s’engager tôt ou tard,l’enjeu sera l’honneur, la puissance... l’existence dedeux grands peuples ! Dans ces graves circonstances,nos députés bavardent beaucoup et avancent bien lente-ment en besogne. Il est vrai que la loi qui leur estprésentée est détestable. Évidemment, si nous pouvionscompter sur une longue période de paix, il serait saged’élaborer méthodiquement de nouvelles institutionsmilitaires, en prévision de l’avenir, comme le firent lesPrussiens à la suite de leurs désastres ; mais avant neulans (I), la question sera résolue entre nous et l’Alle-magne . Ou nous ne serons plus qu’une puissance dedeuxième ou troisième ordre, ou la Prusse aura étéramenée aux limites qu’on n’aurait jamais dû lui laisserfranchir. Dans ce cas comme dans l’autre, nous n’au-rons pas besoin, en permanence, d’une armée de1,200,000 hommes. N’est-il pas absurde de nousexposer à être surpris par la guerre alors que nos essaisde réformes n’auront encore abouti qu’à désorgani-ser? II eût été bien préférable, à mon avis, de revenu"purement et simplement à la loi de 1832 avec de fortscontingents et d’organiser sur le papier une gardenationale comprenant tous les hommes de vingt à trente-cinq ans en plusieurs bans. Nous aurions trouvé $
(1) La loi proposée ne devait produire tout son effet, donner les î
tifs complets et une organisation achevée qu'à la fin de l’année ko*
Huit à neuf ans étaient donc nécessaires pour atteindre le but.