210 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
et cela en dehors de la misère qui la tourmente. Jetrouve que cette situation devrait nous engager à pré-cipiter le mouvement et à prendre Mayence ; les effortsque nous aurions à faire seraient d’autant diminués...Mais M. Rouher a donné hier au soir des explications sicatégoriques et si publiques dans un salon, qu’il fautabsolument penser que nous resterons toute cetteannée dans l’état le plus calme... » A ce raisonnementde Bourbaki, je ne ferai qu’une objection : est-il biencertain que M. Rouher connaît toute la pensée del’Empereur? Notre souverain lui-même a-t-il un plande conduite parfaitement arrêté? Je crois en effet quenous n’aurons pas la guerre au mois d’avril; mais aumois de juillet ou d’août, c’est une autre affaire. LesPrussiens paraissent être de cet avis et continuent ase préparer comme si la guerre était inévitable.
Il m’est revenu, dans ces derniers jours, d’assezcurieux détails sur certains travaux qui s’exécutent ence moment sur la rive droite du Rhin , à hauteur deMarkolsheim, entre Neuf-Brisach et Strasbourg . Il y alà un point qui présente de très grands avantages pou 1un passage de la rive droite sur la rive gauche (!)• k®
(1) Les Allemands étudiaient à ce moment les divers points sur leSquels ils pourraient franchir le Rhin , et Markolsheim fut l’objet d® 8attention particulière de leur part. Mais si ce point présentait des ava ntages, il offrait aussi des dangers, signalés par le général Ducrot da* 1cette lettre, et qui n’échappèrent pas aux Allemands . En 1870, c’est p ale nord de l’Alsace que se produisit l’invasion. Ils se bornèrent a ^ alt fexécuter du côté de Markolsheim des démonstrations de faux préparade passage par des contingents du sud. Ce faux mouvement inqu' etagénéral Félix Douay , et fut une des principales causes qui empêebe rle 7° corps d’assister à la bataille de Frœsckwiller.