Band 
Tome second.
Seite
358
JPEG-Download
 

358 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

négatif de ces reconnaissances, la division tout entièrese trouva prête à combattre au premier coup de canonde l’armée allemande , et elle combattit vaillammentsous la vigoureuse impulsion d’un chef dont la vigilanceégalait la bravoure et dont les instructions, scrupuleuse-ment suivies après sa mort, permirent à la 2” division desoutenir pendant plusieurs heures une lutte glorieusesans compromettre sa retraite et de couvrir ainsi lesautres divisions du 1 er corps en retardant de vingt-quatre heures la marche de l’ennemi, et en le contrai-gnant à développer les forces considérables dont il dis-posait déjà contre nous.

La ville de Wissembourg n’e'tait défendue que par unbataillon du 74 e commandé par M. Liand, chef debataillon, qui y fut blessé. Cette troupe conduisit vail-lamment la défense. Elle resta aux remparts jusqu’audernier moment, et ne put, par suite, exécuter l’ordrede retraite qui lui fut envoyé. Mais la défense avait étési vigoureuse que, une fois entrés dans la ville, lesBavarois, qui avaient fait prisonnier le bataillon du 74 e ,fouillèrent toutes les maisons pour en faire sortir lessoldats qu’ils supposaient réfugiés en grand nombre. Ils

doit pas se porter en avant jusqu’à un point fixé, et rentrer. Elle doit,comme le dit le général Ducrot dans une note citée ci-dessus, « marchertant qu’elle n’a pas vu l’ennemi, et, une fois le contact pris, ne plus leperdre » . Si la reconnaissance envoyée le 4 août au matin avait opéré decette façon, le général Douay eût été informé de bonne heure et eût eutout le temps nécessaire pour prendre ses dispositions de retraite devantdes forces très supérieures, comme ses instructions le comportaient, aulieu d’être obligé d’accepter et de soutenir la lutte avant de pouvoirapprécier la supériorité de ces forces.