370 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
cet effort fut encore infructueux, et le 18 e dut suivrele mouvement de retraite qui se produisait sur toute laligne.
Le village de Froëschwiller n’était plus tenable : criblépar les projectiles ennemis, les maisons s’écroulaient detoutes parts, le feu se déclarait sur plusieurs points.
La deuxième division était donc obligée d’évacuer etde battre en retraite; nous étions menacés d’être enve-loppés par l’ennemi qui descendait des hauteurs d’Elsas-bausen et, ne rencontrant plus rien devant lui, s’avan-çait rapidement pour tourner notre droite.
Il ne me restait que cinq bataillons : les deux dezouaves que j’avais rappelés promptement en voyant lamauvaise tournure que prenait le combat, un troisièmebataillon de zouaves maintenu en réserve sur le plateauet deux bataillons du 45 e ; quatre de ces bataillons (deuxde zouaves et deux du 45 e ) furent échelonnés, partiedans la plaine, partie à la lisière du bois que traversela route de Reischoffen, de manière à protéger laretraite des voitures et des troupes en désordre qui en-combraient la route, ainsi que celle des cuirassiers en-tassés à l’entrée du bois.
En même temps, j’établissais les septième et huitièmebatteries en position un peu en avant et sur la gauchedu bois occupé par l’infanterie, avec ordre d’ouvrir lefeu sur les premières troupes ennemies au moment oùelles dépasseraient la crête à droite du village.
Dès que nos dernières troupes eurent dépassé lechamp de tir, les deux batteries ouvrirent le feu contre