GUERRE DE 1870-1871.
jeune officier, à peu près imberbe, se dresse sur sesétriers et s’écrie en bon français : « A feu et à sang,n épargnez personne ! »
Profitant du trouble produit par cet incident, lessoldats français s’esquivent, notamment du côté deSemuy, abandonnant le malheureux village à lui-même (1).
Les hussards, dont le nombre s’accroît à chaqueinstant, se lancent alors dans les rues en poussant descris sauvages et distribuant à droite et à gauche descoups de sabre sur les habitants inoffensifs qui pren-nent la fuite. Ils tirent des coups de carabine ou derevolver à travers les fenêtres des maisons, mêmede celles qui portaient le drapeau d’ambulance. Arrivésà l’extrémité du village, côté de Semuy, ils mettentavec des allumettes chimiques le feu à la grange, rem-plie de récolte, de M. Gibert-Flamanville , puis conti-nuent leur oeuvre infernale en revenant sur leurs pas.Église, mairie avec les registres de l’état civil, pres-bytère, maison d’école, rien n’échappe à leur rage dedestruction. Ils fracturent les portes de l’église, de lasacristie et du dépôt des pompes communales, brisentces dernières pour qu’on ne puisse en faire usage ets’emparent, comme de trophées glorieux, du drapeaude la mairie et de celui de la compagnie de pompiers.Dans les maisons particulières, ils se font un plaisir dedétruire les objets mobiliers qui leur tombent sous la
(1) Trois zouaves ont été faits prisonniers par les hussards dans la côtePrès du hameau d’Gcharson, entre le hameau et le canal.