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Tome second.
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404 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

tion était déjà fort ci’itique; que la présence de l’Empe-reur et de toute sa suite ne pouvait qu’augmenter mesembarras; que, dans tous les cas, il était indispensablede faire filer les bagages. Je quittai l’Empereur sans querien fût décidé; mais j’appris, deux heures après, quel’Empereur, suite et bagages étaient partis par le che-min de fer. Je passai ma nuit à étudier mes cartes, àprendre des renseignements près des gens du pays, àdonner des ordres. Dès la pointe du jour, j’étais sur lahauteur des Tilleuls, d’où l’on domine la grande routequi descend de Mouzon vers Carignan. À sept heures etdemie, ne voyant rien paraître, je donnai des ordres augénie pour détruire les ponts, ainsi que les approvision-nements considérables que nous étions obligés d’aban-donner à la gare. J’écrivis à huit heures, chez le mairede Carignan, la lettre au maréchal de Mac Mahon dontje vous envoie la copie, et enfin je me mis en marchedans un ordre parfait, l’artillerie suivant la route, notreinfanterie échelonnée sur la droite, la cavalerie de Mar-gueritte sur la gauche. J’oubliais de vous dire quej’avais expédié l’ordre aux deux divisions restées àDouzy de venir nous rallier à Francheval, aussitôt quela retraite du maréchal de Mac Mahon serait assurée.

J’avais fait filer nos bagages et les services adminis-tratifs sur Illy, avec ordre à l’intendant de faire tous sesefforts pour y préparer quelques vivres.

En effet, ils y passaient la nuit avec la division Mar-gueritte et ne vinrent nous rejoindre que dans la matinéedu 1 er septembre, sur un ordre expédié pendant la nuit.