GUERRE DE 1870-1871.
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mètres de la frontière belge . Au delà de Carignan, laroute était complètement libre, nous n’avons rencontréque trois uhlans qui revenaient de Margut et sontpassés à côté de nous sans nous adresser un mot.A coup sûr, l’occasion était belle s’il avait pu nous venirà l’idée de violer notre parole et de nous échapper desmains de l’ennemi. Les communications avec la Bel-gique étaient si faciles que nous envoyâmes un habitantnous chercher quelques journaux français pour avoirdes nouvelles dont nous étions privés depuis si long-temps. Mais pas un de nous n’a même eu cette coupablepensée. Le lendemain, nous tournions le dos à la Bel-gique pour reprendre la route de Pont-à-Mousson , oùnous arrivions le 11, à dix heures du matin.
Je m’étais fait précéder par mon officier d’ordon-nance, M. le capitaine de Gaston, pour prévenir lesautorités prussiennes de notre arrivée, et demander àquelle heure nous devions nous présenter à la gare duchemin de fer; M. de Gaston, de sa propre initiative,avait sollicité du commandant de place allemand l’auto-risation, pour moi personnellement, de me reposer pen-dant quelques instants dans une maison de la ville, enattendant l’heure de l’embarquement. Cette autorisa-tion avait été accordée, et l’on avait fixé à une heure etdemie le moment de notre départ. Comme j’étais unpeu souffrant et très fatigué, je profitai de la latitudergii m’était laissée, et je me reposai dans une chambrerpii m’était offerte dans la maison même où logeait^état-major prussien. Pendant ce temps, mon chef