*36 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
minutes; M. de Gaston, cinq minutes plus tard, chacund’eux étant guidé par un gamin. Ils avaient pour pointde ralliement Millery-sur-Moselle, à quinze kilomètresplus loin. A Pont-à-Mousson , ils se croisèrent avec uncoi’ps mecklembourgeois, et sur le pont de la ville ilsse trouvèrent même bousculés par les troupes enne-mies marchant en sens contraire.
Ils firent ainsi quatre heures de route par un clair delune admirable, mais plein de péril en la circonstance,car il les inondait de lumière et les exposait à êtrecent fois reconnus.
Partout il y avait des Allemands au milieu desquelsil fallait se faufiler, qui arrêtaient, interrogeaient etauxquels M. de Gaston, qui parlait allemand , répondaittant bien que mal. Pourtant, vers minuit, on était par-venu sans encombre à Millery-sur-Moselle.
Là les voyageurs s’adressèrent à des parents dumaix’e de Pont-à-Mousson , indiqués par ce dernier. Lamine des officiers n’était pas rassurante sous leur accou-trement en pleine nuit, et ils ne furent pas autrementsurpris de l’accueil plein de défiance qu’ils reçurenttout d’abord de ceux auxquels ils s’adressaient. Ils sur-prirent même ce colloque : « Voilà trois gaillards qu’dne ferait pas bon rencontrer au coin d’un bois ! » ditquelqu’un. Une jeune femme répliqua cependant :« Pourquoi ne pas écouter ces hommes ? tout est possibleen ce moment ! » En entendant ainsi plaider sa causeavec une générosité bien féminine et bien française, I egénéral Ducrot en profita aussitôt pour se faire recon-