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seigneur de Bonrepos, l’auteur du canal du Languedoc,et son gendre de Mance, trésorier général de la véneriedu Roi, obtinrent, en juillet 1676, des lettres-patentes quiles autorisaient à dériver la rivière d’Ourcq , depuis lalimite du duché de Gesvres (1), en amont de Lizy , et de laconduire jusqu’à Paris . Ils substituaient ainsi un canalconstamment navigable à la Marne dont la navigationétait très-défectueuse, comme elle l’était encore il y aquelques années. Ils pouvaient vendre en route la tren-tième partie de l’eau dérivée et avaient le privilège d’endistribuer dans certaines parties de la ville. Malgré l’in-contestable valeur de ce projet, on doit peu regretterqu’il n’ait pas été exécuté : il conduisait l’eau au piedde la Bastille vers l’arc de triomphe de la porte Saint-Antoine, c’est-à-dire à l’altitude 38 mètres environ, tandisque le canal de l’Ourcq débouche au .bassin delà Villette àl’altitude 32 mètres.—Avec le canal de Riquet, nous ne pour-rions distribuer l’eau de l’Ourcq à Paris , ni alimenter lescanaux Saint-Martin, Saint-Denis et le bassin delaVillettequi reçoivent la navigation la plus active de la France .
Le Bureau de la Ville fit une très-vive opposition auprojet de Riquet. Mais ce projet était soutenu par Col-bert, et il est certain qu’il aurait été exécuté, si la mortde ces deux grands hommes, en 1680 et 1683, n’étaitvenue interrompre les travaux.
Après la mort de son beau-père, de Mance commençales terrassements du canal; mais, en 1684, de nouvellestracasseries du Bureau de la Ville le paralysèrent com-plètement. Il avait perdu, en 1683, Colbert, son pro-tecteur le plus éclairé et le plus puissant.