— 530 —
Cependant, il (allait de toute nécessité mettre la mainà l’œuvre, car telle était la volonté de l’homme extraor-dinaire qui gouvernait alors la France , et, malheureuse-ment, la seule partie du tracé où l’on pouvait travaillerétait celle où se trouvaient accumulées les plus grandesdifficultés. Le tracé, dans les bois de Saint-Dems, passaiten tranchée dans un terrain limoneux , au fond duquelse trouvait un banc d’argile fluente; entre Bobigny et laforêt de Bondy, le tracé traversait une plaine basse très-fertile; avant d’arriver à Claye, on rencontrait les tour-bières de l’Arneuse et du Mory. Au lieu de contournerces terrains difficiles de manière à éviter les grandsterrassements, et de se tenir hors des tourbières, enlongeant le pied des coteaux de la rive gauche de l’Ar-neuse, on procéda par grands alignements. On n’en compteque six, sur une longueur de 18 kilomètres, entre Bobigny et le pont du Mory, près de Claye. L’ignorance où l’onétait de la mauvaise nature du terrain pouvait seule jus-tifier ce tracé, et, ce qu’il y avait de plus fâcheux, c’estque l’Assemblée des Ponts et Chaussées (1) n’avait pas étéconsultée.
Girard s’attira ainsi, sans le vouloir, une de ces hainesde corps qui ne s’éteignent pas et, de plus, deux ingé-nieurs d’un haut mérite, Gauthey et Bruyère, se montrè-rent ses constants adversaires dans toutes ses relationsavec le corps des Ponts et Chaussées.
Inauguration de l’ouverture des travaux. — Le 1 er vendé-miaire an XI (23 septembre 1802), jour fixé pour l’ou-verture des travaux, le Ministre de l’Intérieur, le Direc-teur général des Ponts et Chaussées, le Préfet de la Seine ,suivis d’un nombreux cortège de fonctionnaires et d’in-
(1) C’ust le nom qu'on donnait alors au Conseil général des Ponts etChaussées .