Corneille.
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Ce juste chätiment de sa temerite.
Quelque juste pourtant que puisse etre sa peiue,Je ne puis Sans regret perdre un tel capitaine.Apres un long service ä mon etat rendu,
Apres son sang pour moi mille fois repandu,
A quelque sentiment que son orgueil m’oblige,Sa perte m’all'aiblit, et son trepas m’afflige.
Scene IX.
D. Fernand, D. Diegue, Chimene, D. Sanche, D. Arias, D. Alonse.
Cliimöne.
Sire, sire, justice.
D. Diegue.
Ah! sire, ecoutez-nous.
Chimene.
Je me jette ä vos pieds.
D. Diegue.
J’embrasse vos genoux.
Chimtne.
Je demande justice.
D. Diegue.
Entendez ma defense.
Chimene.
D’un jeune audacieux punissez l’insolence;
11 a de votre sceptre abattu le soutien,
II a tue mon pere.
D. Diegue.
II a venge le sien.
Chimene.
Au sang de ses sujets un roi doit la justice.
D. Diegue.
Pour la juste vengeance il n’est point de supplice.
D. Fernand.
Levez-vous Tun et l’autre, et parlez ä loisir.
Chimene, je prends part k votre deplaisir,
D’une egale douleur je sens mon ame atteinte.
Vous parlerez apres, ne troublez pas sa plainte.
Chimene.
Sire, mon pere cst mort; mes yeux ont vu son sangCouler k gros bouillons de son genereux flanc;