XVII. Jahrhundert.
Ce sang qui tant de fois garantit vos murailles,
Ce sang qui tant de fois vous gagna des batailles,
Ce sang qui tout sorti fume encor de eourrouxDe se voir repandu pour d’autres que pour vous,Qu’au milieu des hasards n’osait verser la guerre,Rodrigue en votre cour vient d’en couvrir la terre.
Et, pour son coup d’essai, son indigne attentatD’un si ferme soutien a prive votre etat,
De vos meilleurs soldats abattu l’assurance,
Et de vos ennemis releve l’esperance.
J’ai couru sur le lieu sans force et sans couleur,
Je l’ai trouve sans vie. Excusez ma douleur,
Sire, la voix me manque a ce recit funeste;
Mes pleurs et mes soupirs vous diront mieux le reste.D. Fernand.
Prends courage, ma fille, et Sache qu’aujourd’huiTon roi te veut servil- de pere au lieu de lui.
Chimhne.
Sire, de trop d’honneur ma misere est suivie.
Je vous l’ai deja dit, je l’ai trouve sans vie;
Son flanc etait ouvert; et, pour mieux m’emouvoir,Son sang sur la poussiere ecrivait mon devoir;
Ou plutöt sa valeur en cet etat reduiteMe parlait par sa plaie, et hätait ma poursuite;
Et, pour se faire entendre au plus juste des rois,
Par cette triste bouche eile empruntait ma voix.
Sire, ne souffrez pas que sous votre puissanceRegne devant vos yeux une teile licence,
Que les plus valeureux avec impuniteSoient expos6s aux coups de la temerite,
Qu’un jeune audacieux triomphe de leur gloire,
Se baigne dans leur sang, et brave leur memoire.
Un si vaillant guerrier qu’on vient de vous ravirEteint, s’il n’est venge, l’ardeur de vous servir.
Enfiu, mon pere est mort, j’en demande vengeance,Plus pour votre interet que pour mon allegeance;Vous perdez en la mort d’un homme de son rang.Vengez-la par une autre, et le sang par le sang;Immolez, non a moi, mais ä votre couronne,
Mais a votre grandeur, mais ä votre personne,Immolez, dis-je, sire, au bien de tout l’etatTout ce qu’enorgueillit un si grand attentat.
D. Fernand.
Don Diegue, repondez.