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XVII. Jahrhundert.
dit a notre sexe dans un eertain endroit de la piece; et pour moi, jevous avoue que je suis dans une colere epouvantable de voir que eetauteur impertinent nous appelle des animaux.
U. Ne voyez-vous pas que c’est un ridicule qu’il fait parier?
D. Et puis, madame, ne savez-vous pas que les injures desamants n’ofFensent jamais; qu’il est des amours empörtes aussi bienque des doucereux; et qu’en de pareilles occasions les paroles les plusetranges, et quelque chose de pis encore, se prennent bien souvent pourdes marques d’affection par celles memes qui les reßoivent?
E. Dites tout ce que vous voudrez, je ne saurais digerer cela,non plus que le potage et la tarte d la crime dont madame a parletantot.
Le M. Ah! ma foi, oni, tarte d la creme! Voila ce que j’avaisremarquc tantot; tarte ä la creme! Que je vous suis oblige, madame,de m’avoir fait Souvenir de tarte äla creme! Y a-t-il assez de pommesen Normandie pour tarte ä la creme? Tarte ä la creme! morbleu, tarteä la crime !
D. He bien! que veux-tu dire? tarte a la creme!
Le M. Parbleu! tarte ä la crime, Chevalier.
D. Mais encore?
Le M. Tarte ä la creme.
D. Dis-nous un peu tes raisons.
Le M. Tarte ä la crime.
U. Mais il faut expliquer sa pensee, ce me semble.
Le M. Tarte ä la crime, madame.
U. Que trouvez-vous la ä redire?
Le M. Moi? rien. Tarte ä la crime.
U. Ah! je le quitte.
E. Monsieur le marquis s’y prend bien, et vous bourre de labelle maniere. Mais je voudrais bien que monsieur Lysidas voulüt lesachever, et leur donner quelques petits coups de sa faijon.
L. Oe n’est pas ma coutnme de rien blämer, et je suis assezindulgent pour les ouvrages des autres. Mais enfin, sans choquerl’amitie que monsieur le Chevalier temoigne pour l’auteur, on m’avoueraque ces sortes de comedies ne sont pas proprement des comedies, etqu’il y a une grande difference de toutes ces bagatelles ä la beaute despieces s6rieuses. Cependant tout le monde donne lü-dedans aujourd’-hui; on ne court plus qu’ä cela; et l’on voit une solitude effroyable auxgrands ouvrages, lorsque des sottises ont tout Paris. Je vous avoueque le coeur m’en saigne quelquefois, et cela est honteux pour la France.
C. 11 est vrai que le gout des gens est 6trangement gäte lä~dessus, et que le siede s’encanaille furieusement.
E. Celui-lä est joli encore, s'encanaille! Est-ce vous qui l’avezinvent6, madame?
C. He!
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