Pascal.
39
Pascal.
Blaise Pascal, geboren 1623 zu Clermont in der Auvergne, ist der-jenige Schriftsteller, in dessen Lettres provinciales sich die neuere französi-sche Sprache fixirt hat. In früher Jugend mit classischen Studien beschäftigtund mit der Mathematik, für die er ein schöpferisches Talent zeigte, durchliefer den Kreis der menschlichen Wissenschaften, um sich zuletzt von ihrerNichtigkeit zu überzeugen, und alle seine Gedanken der Religion zuzuwenden.Von dieser letzteren Epoche sind seine Pensees ein glänzendes, obwohl frag-mentarisches Denkmal. Pascal starb schon 1662.
Pensees.
Article IV.
Connaissance genöralo de l’homme.
I.
La premiere chose qui s’offre a l’homme, quand il se regarde,c’est son corps, c’est-ä-dire, une certaine portion de matiere qui luiest propre. Mais pour comprendre ce qu’elle est, il faut qu’il la com-pare avec tout ce qui est au-dessus de lui et tout ce qui est au-des-sous, afin de reconnaitre ses justes bornes.
Qu’il ne s’arrete donc pas k regarder simplement les objets quil’environnent; qu’il contemple la nature entiere dans sa haute etpleinemajeste; qu’il considere cette eclatante lumiere, mise comme une lampeeternelle pour eclairer l’univers; que la terre lui paraisse comme unpoint, au prix du vaste tour que cet astre decrit; et qu’il s’etonnede ce que ce vaste tour n’est lui-meme qu’un point tres delicat, al’egard de celui que les astres qui roulent dans le firmament, embras-sent. Mais si notre vue s’arrete lä, que l’imagination passe outre.Elle se lassera plutot de concevoir, que la nature de fournir. Tout ceque nous voyons du monde, n’est qu’un trait imperceptible dans l’amplesein de la nature. Nulle idee n’approche de l’etendue de ses espaces.Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n’enfantons que desätomes, au prix de la realite des choses. C’est une sphere infinie, dontle centre est partout, la circonference nulle part. Enfin c’est un desplus grands caracteres sensibles de la toute-puissance de Dieu, quenotre imagination se perde dans cette pensee.
Que l’homme etant revenu a soi, considere ce qu’il est, au prixde ce qui est; qu’il se regarde comme egare dans ce canton detournede la nature; et que de ce que lui paraitra ce petit cachot oü il setrouve löge, c’est-a-dire, ce monde visible, il apprenne k estimer laterre, les royaumes, les villes, et soi-meme, son juste prix.