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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Pascal.

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de proximite empSchent la vue, trop de longueur et trop de brieveteobscurcissent un disconrs, trop de plaisir incommode, trop de con-sonnances deplaisent. Nous ne sentons, ni lextreme chaud, ni lextremefroid. Les qualites excessives nous sont ennemies, et non pas sensibles.Nous ne les sentons plus, nous les souffrons. Trop de jeunesse et tropde vieillesse empechent lesprit; trop et trop peu de nourriture troublentses actions; trop et trop peu dinstruction labetissent. Les chosesextremes sont pour nous comme si elles n^taient pas, et nous nesommes point ä leur egard. Elles nous echappent, ou nous ä elles.

Voilä notre etat veritable. Cest ce qui resserre nos connais-sances en de certaines bornes que nous ne passons pas, incapables desavoir tout, et dignorer tout absolument. Nous sommes sur un milieuvaste, toujours incertains et flottants entre lignorance et la connais-sance; et si nous pensons aller plus avant, notre objet branle et echappea nos prises; il se derobe et fuit dune fuite eternelle: rien ne peutlarreter. Cest notre condition naturelle, et toutefois la plus contraireä notre inclination. Nous brülons du desir dapprofondir tout, etdedifier une tour qui seleve jusquä linfini. Mais tout notre edificecraque, et la terre souvre jusquaux abimes.

n.

Je puis bien concevoir un homme sans mains, sans pieds; et jele concevrais meme sans tete, si lexperience ne mapprenait que cestpar quil pense. Cest donc la pens^e qui fait letre de lhomme, etsans quoi on ne peut le concevoir. Quest-ce qui sent du plaisir ennous? Est-ce la main? Est-ce le bras? Est-ce la chair? Est-ce lesang ? On verra quil faut que ce soit quelque chose dimmateriel.

III.

Lhomme est si grand, que sa grandeur parait meme ön ce quilse connait miserable. Un arbre ne se connait pas miserable. II estvrai que cest etre miserable, que de se connaitre miserable; maisaussi cest etre grand, que de connaitre quon est miserable. Ainsitoutes ces miseres prouvent sa grandeur. Ce sont miseres de grandseigneur, miseres dun roi depossöde.

IV.

Qui se trouve malheureux de netre pas roi, sinon nn roi depossede?Trouvait-on Paul Emile malheureux de netre plus consul ? Au con-traire, tout le monde trouvait quil 6tait heureux de lavoir ete; parceque sa condition netait pas de letre toujours. Mais on trouvait Perseesi malheureux de netre plus roi, parce que sa condition etait de letretoujours, quon trouvait Strange quil put supporter la vie. Qui setrouve malheureux de navoir quune bouche? et qui ne se trouve mal-,