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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Bossuet. 49

meme temps ee qui a ruine lempire des Perses, et ce qui a eleve celuidAlexandre.

Pour lui faciliter la victoire, il arriva que la Perse perdit Ie seulgeneral quelle püt opposer aux Grecs; cetait Memnon, rhodien. TantquAlexandre eut en tete un si fameux capitaine, il put se glorifierdavoir vaincu un ennemi digne de lui. Au lieu de hasarder contre lesGrecs une bataille generale, Memnon voulait quon leur disputät tousles passages, quon leur coupat les vivres, quon les allät attaquer chezeux, et que par une attaque vigoureuse on les forgät ä venir däfendreleur pays. Alexandre y avait pourvu, et les troupes quil avait laisseesa Antipater suffisaient pour garder la Grece. Mais sa bonne fortunele delivra tout dun coup de cet embarras: au commencement dunediversion qui dejä inquietait toute la Grece, Memnon mourut, etAlexandre mit tout ä ses pieds.

Ce prince fit son entree dans Babylone avec un eclat qui sur-passait tout ce que lunivers avait jamais vu: et, apres avoir venge laGrece, apres avoir subjugue avec une promptitude incroyable toutesles terres de la domination persienne, pour assurer de tous cotes sonnouvel empire, ou plutot pour contenter son ambition, et rendre sonnom plus fameux que celui de Bacchus, il entra dans les Indes, ou ilpoussa ses conquetes plus loin que. ce celebre vainqueur. Mais celuique les deserts, les fleuves et les montagnes, netaient pas capablesdarreter, fut contraint de ceder ä ses soldats rebutes qui lui deman-daient du repos. Reduit a se contenter des superbes monuments quillaissa sur les bords de lAraspe, il ramena son armee par une autreroute que celle quil avait tenue, et dompta tout le pays quil trouvasur son passage. Il revint ä Babylone craint et respecte, non pascomme un conquerant, mais comme un dieu.

Mais cet empire formidable quil avait conquis ne dura pas pluslongtemps que sa vie, qui fut fort courte. A läge de trente-trois ans,au milieu des plus vastes desseins quun homme eut jamais congus, etavec les plus justes esperances dun heureux succes, il mourut sansavoir eu le loisir detablir solidement ses affaires, laissant un frereimbecille, et des enfants en bas äge, incapables de soutenir un si grandpoids. Mais, ce quil y. avait de plus funest* pour sa maison et pourson empire est quil laissait des capitaines ä qui il avait appris ä nerespirer que lambition et la guerre. Il previt ä quels exces ils seporteraient quand il ne serait plus au monde: pour les retenir, et depeur den etre dedit, il nosa nommer ni son successeur ni le tuteur deses enfants; il predit seulement que ses amis celebreraient ses funeraillesavec des batailles sanglantes, et il expira' dans la fleur de son äge,plein des tristes images de la confusion qui devait suivre sa mort.

En effet, vous avez vu le partage de son empire et la ruineaffreuse de sa maison: son ancien royaume, la Macedoine, tenu par sesancetres depuis tant de siecles, fut envahi de tous cotes comme une

Holder, französ. Litteratur. 4

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