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XVII. Jahrhundert.
Le merite eclatant, et la haute eloquence,
Appellent dans Paris aux sublimes emplois,
Qu’il sied bien d’y veiller pour le maintien des lois.
Tu dois lä tous tes soins au bien de ta patrie:
Tu ne t’en peux bannir que l’orphelin ne crie;
Que l’oppresseur ne montre un front audacieux:
Et Themis pour voir clair a besoin de tes yeux.
Mais pour moi, de Paris citoyen inhabile,
Qui ne lui puis fournir qu’un reveur inutile,
II me faut du repos, des pres et des forets.
Laisse-moi donc ici, sous leurs ombrages frais,Attendre que septembre ait ramene l’automne,
Et que Ceres contente ait fait place ä Pomone.
Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaitsLe vendangeur ravi de ployer sous le faix,
Aussitöt ton ami, redoutant moins la ville,
T’ira joindre ä Paris, pour s’enfuir a Bäville . * 1La, dans le seul loisir que Themis t’a laisse,
Tu me verras souvent ä te suivre empressd,
Pour monter ä cheval rappelant mon audace,
Appreuti cavalier galoper sur ta trace.
Tantöt sur l’herbe assis, au pied de ces coteauxOü Polycrene 2 epand ses liberales eaux,
Lamoignon, nous irons, libres d’inquietude,
Discourir des vertus dont tu fais ton etude;
Chercher quels sont les biens veritables ou faux;
Si l’honnete homme en soi doit souffrir des defauts;Quel chemin le plus droit ä la gloire nous guide,
Ou la vaste Science, ou la vertu solide.
C’est ainsi que chez toi tu sauras m’attacher.
Heureux si les facheux, prompts ä nous y chercher,
N’y viennent point semer l’ennuyeuse tristesse!
Car, dans ce grand concours d’hommes de toute espece,Que sans cesse a Bäville attire le devoir,
Au lieu de quatre amis qu’on attendait le soir,Quelquefois de facheux arrivent trois volees,
Qui du parc k l’instant assiegent les allees.
Alors sauve qui peut: et quatre fois heureuxQui sait pour s’echapper quelqu’antre ignore d’eux!
1 Lamoignon’s Landhaus.
1 Eine Quelle in der Nähe von Bäville, welche Lamoignon so nannte.