Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
72
JPEG-Download
 

72

XVII. Jahrhundert.

en mourant, un monde qui ne se sent pas de sa perte, et tant degens se trouvent pour le remplacer?

De bien des gens il ny a que le nom qui vaille quelque ehose.Quand vous les voyez de fort pres, cest moins que rien: de loin ilsimposent.

Tout persuade que je suis que ceux que lon choisit pour dedifferents emplois, chaeun selon son genie et sa profession, font bien,je me hasarde de dire quil se peut faire quil y ait au monde plusieurspersonnes connues ou inconnues que lon nemploie pas, qui feraienttres bien; et je suis induit a ce sentiment par le merveilleux succes decertaines gens que le hasard seul a places, et de qui jusqualors onnavait pas attendu de fort grandes choses.

Combien dhommes admirables, et qui avaient de tres beauxgünies, sont morts sans quon en ait parle! Combien vivent encoredont on ne parle point et dont on ne parlera jamais!

Quelle horrible peine ä un homme qui est sans pröneurs et sanscabale, qui nest engage dans aucun corps, mais qui est seul, et qui naque beaucoup de merite pour toute recommandation, de se faire jourk travers lobscurite il se trouve, et de venir au niveau dun fat quiest en credit!

Personne presque ne savise de lui-meme du merite dun autre.

Les hommes sont trop occupes deux-memes pour avoir le loisirde penütrer ou de discerner les autres: de la vient quavec un grandmerite et une plus grande modestie lon peut etre longtemps ignore.

Le genie et les grands talents manquent souvent; quelquefoisaussi les seules occasions: tels peuvent etre loues de ce quils ontfait, et tels de ce quils auraient fait.

Il est moins rare de trouver de lesprit que des gens qui se ser-vent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres et le mettent äquelque usage.

Il y a plus doutils que douvriers, et de ces derniers plus demauvais que dexcellents: que pensez-vous de celui qui veut scier avecun rabot, et qui prend sa scie pour raboter?

Il ny a point au monde un si penible metier que celui de se faireun grand nom: la vie sacheve, que lon a a peine ebauche son ouvrage.

Que faire dEgesippe qui demande un emploi? Le mettra-t-ondans les finances, ou dans les troupes? Cela est indifferent, et il fautque ce soit linteret seul qui en decide; car il est aussi capable demanier de largent, ou de dresser des comptes, que de porter les armes.Il est propre k tout, disent ses amis; ce qui signifie toujours quil napas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou en dautrestermes quil nest propre k rien. Ainsi la plupart des hommes, occupesdeux seuls dans leur jeunesse, corrompus par la paresse ou par leplaisir, cröient faussement dans un äge plus avance quil leur suffitdetre inutiles ou dans lindigence, afin que la republique soit engagee