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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Fenelon.

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de lile, comrne un vieux cerf dans une foret porte son bois rameuxau-dessus des tetes des jeunes faons, dont il est suivi. Peu k peunous vimes plus distinctement les cotes de cette ile, qui se presen-taient k nos yeux comme un amphitheätre. Autant que la terrede Cypre nous avait paru negligee et inculte, autant celle de Cretese montrait fertile et ornee de tous les fruits par le travail de seshabitants.

De tous cotes nous remarquions des villages bien bätis, des bourgs; qui egalaient des villes, et des villes superbes. Nous ne trouvionsaucun cliamp ou la main du laboureur diligent ne fut imprimee; partoutla charrue avait laisse de creux siilons: les ronces, les epines ettoutesles plantes qui occupent inutilement la terre, sont inconnues en cepays. Nous considerions avec plaisir les creux vallons oüles troupeauxde boeufs mugissaient dans les gras herbages le long des ruisseaux;les moutons paissant sur le penchant dune colline; les vastes cam-pagnes couvertes de jaunes 6pis, riches dons de la feconde Ceres;

! enfin les montagnes ornees de pampres et de grappes dun raisin deja, colore, qui promettait aux vendangeurs les doux presents de Bacchuspour charmer les soucis des hommes.

Mentor nous dit quil avait ete autrefois en Crete, et il nousexpliqua ce quil en connaissait. Cette ile, disait-il, admiree de tousles etrangers, et fameuse par ses cent villes, nourrit sans peine tous! ses liabitants, quoiquils soient innombrables. Cest que la terre ne selasse jamais de repandre ses biens sur ceux qui la cultivent. Son seinfecond ne peut sepuiser; plus il y a dhommes dans un pays, pourvuquils soient laborieux, plus ils jouissent de labondance: ils nontjamais besoin detre jaloux les uns des autres. La terre, cette bonne! mere, multiplie ses dons selon le nombre de ses enfants, qui meritenti ses fruits par leur travail. Lambition et lavarice des hommes sont! les seules sources de leur malheur. Les hommes veulent tout avoir,et ils se rendent malheureux par le desir du superflu; sils voulaient; vivre simplement et se contenter de satisfaire aux vrais besoins, onverrait partout labondance, la joie, lunion et la paix.

Cest ce que Minos, le plus sage et le meilleur de tous les roisavait compris. Tout ce que vous verrez de plus merveilleux dans cetteile; est le fruit de ses lois. Leducation quil faisait donner aux en-fants, rend les corps sains et robustes: on les accoutume dabord a unevie simple, frugale et laborieuse; on suppose que toute volupte amollitle corps et Tesprit: on ne leur propose jamais dautre plaisir que celuidetre invincible par la vertu, et dacquerir beaucoup de gloire. On nemet pas seulement le courage ä mepriser la mort dans les dangers de! la guerre, mais encore k fouler aux pieds les trop grandes ricliesses etI les plaisirs honteux. Ici on punit trois vices qui sont impunis chez lesj autres peuples, lingratitude, la dissimulation, et lavarice.j Pour le faste et la mollesse, on na jamais besoin de les reprimer;